lundi 29 mars 2010

Le printemps dans le jardin


Après avoir cherché le printemps sous d'autres cieux - sans grand résultat, la semaine n'ayant pas été fameuse, avec beaucoup de vent et de pluie - je suis revenue dans mon jardin à la faveur d'un après-midi qui avait commencé avec un soleil pâle et voilé pour finir comme un après-midi de juin, très chaud. Jardinage donc, T-shirt  et transpiration,  dos cassé ...

Mais quel plaisir de se pencher sur la terre encore dénudée pour surveiller les semis spontanés,  les premiers bourgeons des lys, dans le parfum des jacinthes à peine écloses et déjà enivrantes. Enlever quelques indésirables, gratter délicatement de la pointe du sarcloir entre les feuilles des tulipes, dégager les jonquilles qui sont encore basses (trop froid, trop sec), soulever un tas de feuilles protectrices pour découvrir les fleurs de l'Euphorbe myrsinite.

A la faveur d'un talus plus ensoleillé, les  tulipes botaniques, naïves et sans prétention, se sont ouvertes aujourd'hui. Encore quelques crocus, quelques scillas, mais les Iris nains sont fanés : il faut enlever leurs fleurs : c'est le signe que la saison a commencé, vraiment !

A l'entrée du jardin, la viorne qui fleurit depuis novembre, qui a gelé plusieurs fois, mais qui repart à chaque "redoux", est maintenant à son apogée. Elle embaume, les abeilles, les bourdons et les passants s'en délectent. La pluie annoncée pour demain sonnera le glas de cinq mois de floraison et de senteur.
Si la fleur sent si bon, le bois très dur de ce buisson empeste. Je n'aime pas la tailler, si ce n'est pour forcer les fleurs et agrémenter mes arrangements floraux en hiver - ce qui explique son côté fouilli !
Ce sont les Jardins botaniques royaux, à Edimbourg qui ont obtenu cette hybridation dans les années 1930. Elle a été plantée en Pays de Galles, dans les jardins de Bodnant dont elle a pris le nom.
Viburnum x bodnantense
 

 Bien plus timide, l'Anémone hépatique, dans son mauve délicat, illumine quelques coins sous les buissons que je ne travaille pas. Elle s'y ressème spontanément et bientôt, nous irons l'admirer dans la forêt toute proche où elle forme de véritables tapis.

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Hepatica triloba




Premier jour de printemps qui m'a permis de me retrouver dans mon élément et d'admirer - tout en préparant les prochaines floraisons (plantations du rosier Malicorne, de Delbard, de Lys orientaux, d'Iris, d'Epiaire laineux et même d'oignons dont j'adore la fleur blanc verdâtre, mais dont je déteste le goût !).

mardi 23 mars 2010

La route vers le printemps

Quitter les Alpes dans la pluie et le brouillard, bien emmitouflés dans la voiture. La sensation d'être confortablement installés pour le long voyage vers le printemps. Les kilomètres commencent à défiler, on fait encore le calcul dans 8h, dans 9h, on y sera ! Le brouillard s'épaissit, les nuages s'amoncellent, tout est gris, ardoise, noir. On roule, on roule ...
Le gris s'éclaircit, vire au chrome, on baisse le chauffage ... et les premiers chatons apparaissent sur les noisetiers, tortillons bruns. Puis les premiers chatons argentés des saules : on s'émerveille. Les champs reverdissent, la voiture file vers l'ouest. Les talus pelés par les mois de gel sont ocres, encore.
Au détour d'un vallon, une nappe jaune d'or. Ficaires, primevères ? Quelques suppositions plus loin, on découvre que ce sont les premières jonquilles sauvages !

mercredi 17 mars 2010

Messagères du printemps

J'ai craqué ce matin pour ces primevères pimpantes et gorgées de santé. Elles vont agrémenter deux potées sur la terrasse plein sud, en attendant que les Saints de glace soient passés et que je puisse installer les géraniums et autres annuelles.
Une certaine réticence toujours quand à leurs couleurs si criardes, à côté des délicats crocus botaniques. Mais chaque année, après deux ou trois semaines de valse-hésitation, je m'en achète une barquette. Je les replante au jardin après la fanaison, et elles ont le bon goût de refleurir dans des tons pastellisés les années suivantes. Celles de l'année passée sont encore toutes chiffonnées et on devine à peine leur teinte entre les feuilles bien serrées.
J'ai été surprise en les repiquant de découvrir leur parfum que le soleil avait exacerbé : raffiné. C'est le renouveau au jardin, les primevères sont arrivées.

lundi 15 mars 2010

L'oeillet

C'est d'abord une odeur poivrée, entêtante : girofle et jasmin. Elle s'insinue dans nos mémoires et ressucite de faux souvenirs : Zanzibar, vieux coffres marquetés, sous-bois tropical.
C'est ensuite l'éclat de la couleur, les rouges pétants, les violets voluptueux, les roses frais ou les blancs éclatants. S'il est comme ici marginé, on ne comprend plus la logique de la botanique : on se perd dans le labyrinthe des pétales.
Mais quand les yeux ont fini de détailler les volutes de son juponnage, on ne résiste pas au plaisir de prendre la fleur dans la paume de la main, d'en éprouver son craquant cireux et de glisser le bout des doigts jusqu'au coeur frais.
On respire encore son parfum, de tout près, jusqu'à la nausée ou au mal de tête. On l'éloigne du nez et sa fragrance à nouveau devient le support de nos rêves exotiques.
Loin des bouquets guindés d'autrefois qui l'ont rendu haïssable, bouquets d'hôpital ou couronnes de cimetière, l'oeillet est voluptueux, seul, posé sur le col d'un vase, au creux d'une coupe, avec quelques brins d'herbes : un monde d'odeurs et de couleurs.

dimanche 14 mars 2010

Nicolas Bouvier

Repris cette nuit, à la faveur d'une insomnie, les Oeuvres de Nicolas Bouvier, pioché dans ses différents écrits ... Rien ne me retient (déficit de concentration) mais tout me ravit. Je feuillette, je souris. D'un pays à l'autre, sa voix ouvre des résonnances et des réminiscences. Je reste sous le charme des paysages, des gens décrits. J'envie son détachement devant les aléas de la route et sa façon de se poser, en bordure de la vie des gens, de partager avec eux le thé vert ... Moi qui ne connais pas l'Asie, j'en ressens la nostalgie !

Photo de Jean Möhr

vendredi 12 mars 2010

Malaga

Pour fuir la grisaille, départ pour Malaga et ses palmiers à fin janvier. Le climat n'y était pas estival, mais printanier, et avec une bonne veste, nous avons pu alterner ballades et bodegas, jardins et musées. Logeant tout près du centre historique, nous avons sillonné la ville à pied, nous perdant parfois dans des quartiers plus éloignés... Petits déjeuners sur la Place de la Merced - lieu de naissance de Picasso - flâneries dans les parcs de la ville, visites de l'Alcazabar, de la Cathédrale, de la Fondation et du Musée Picasso, la semaine a passé très vite. Le point fort du séjour a été la visite du Jardin botanique de la Concepcion au-dessus de la ville. Voir mes albums "botaniques" : ici et .

jeudi 11 mars 2010

Plaisirs du jour

  • Jouir du chant du merle, les yeux ouverts sur la lumière grise de l'aube, la couette jusqu'au menton
  • Lire le journal, la tasse de café à la main
  • Regarder tomber une neige si fine qu'elle blanchit à peine le jardin
  • Imaginer vaguement que j'irai tirer quelques photos dans la forêt, si l'envie m'en prend
  • Classer les photos de l'année passée, accompagnée de la nostalgie d'un violoncelle (Concerto pour violoncelle et orchestre, Henri Vieuxtemps)

Petit matin frileux ... et paresseux !

mercredi 10 mars 2010

Senteurs

Aujourd'hui, viorne odorante et jacinthe. Un bouquet de printemps, moitié jardin, moitié fleuriste. La viorne est en bourgeons au jardin : deux jours à la chaleur et elle embaume, soutenue par le parfum de violette de cette jacinthe trouvée au marché. Cette belle précieuse a certainement poussé dans une serre, à l'abri des intempéries. Elle est parfaite d'équilibre, de couleur et d'odeur. Les jacinthes du jardin, elles, font craquer la terre gelée et les pointes des premières feuilles jaunissent sous le froid. Mais elle sont là, elles attendent le redoux et la pluie pour jaillir de leur gangue hivernale.

mardi 9 mars 2010

Tulipes


C'est la période des tulipes hollandaises qui illuminent nos tristes après-midi. Le printemps tarde, la bise nous transperce ... Mais à l'intérieur de la maison, ces parfumées venues du nord nous font tout un carnaval de couleurs. Elles nous permettent de patienter l'éclosion au jardin des bulbes soigneusement choisis à l'automne. Celles-ci ont duré une semainen en bouquet fou et se sont finalement affaissées sur elle-mêmes ...

En construction

Premier message de mon premier blog ! C'est encore la découverte ... et l'aventure. Alors, beaucoup de maladresses, de corrections, de mises à jour. Et beaucoup de patience pour le rédacteur et pour le lecteur !

Simple plaisir

d'une pratique retrouvée : le bouquet, cueilli aux petites heures, que l'on soit dimanche ou un autre jour! Alchémille et rose ...