Coquelicots et pavots


Coquelicot ou pavot : plante mythique qui entraîne l'imaginaire dans un dédale de pensées heureuses avant de le mener à la tragédie du sang.


Les poètes l'ont encensé : c'est une bouche, un baiser, sa marque sur la peau, près du coeur, couleur de l'amour, couleur du sang, une blessure mortelle enfin. Les peintres et les photographes ont immortalisé sa fragilité, sa rutilance, sa multitude.


Tel un long ruban rouge, le coquelicot nous accompagne,
de l'enfance par la rengaine jolie tant de fois ânonnée :
Je suis descendu dans mon jardin
Pour y cueillir du romarin
Je n'en avais pas cueilli trois brins
Qu'un rossignol vint sur ma main
Gentil coquelicot, Mesdames
Gentil coquelicot nouveau





à l'âge adulte par la chanson de Mouloudji, sur un texte de Raymond Asso,
qui commence si joliment
Le myosotis et puis la rose
Ce sont des fleurs qui disent quelque chose
Mais pour aimer les coquelicots
et n'aimer que ça ... faut être idiot !








Dérivé du coq par sa couleur, il est présent dans les légendes et dans l'inconscient collectif depuis des millénaires. Connu dans les jardins médiévaux pour soigner l'insomnie ou l'anxiété, il est apprécié aujourd'hui encore, en tisane pour libérer du stress ou apporter le sommeil.

On ne peut pas parler du coquelicot sans penser à son cousin, le Pavot somnifère, si bien nommé pour l'oubli ou le réconfort apporté par sa résine depuis des millénaires à l'humain désorienté. L'opium si fascinant dont le seul nom laisse un goût amer et collant dans la gorge.
.
Le pavot oriental dans les jardins, lui, est raidi par son importance, sa couleur éclatante ne permet pas d'oublier qu'il est impossible à déplacer ou à déraciner sans bouleverser l'ordre établi.
Il est plus subtil lorsqu'il est pavot somnifère, fleur rose, feuillage bleuté, capsule pruinée : il cache bien son jeu, le maître absolu de tant de destinées.

Comment, sachant la longue histoire de cette famille, tombé-je sous son charme à chaque rencontre ? J'oublie tout, je regarde le lutin coloré danser dans l'air printanier.  Plein de grâce, léger et folâtre, il semble fragile, mais sa racine le maintient solidement au sol et sa graine lui garantit la pérennité.

Encore quelques portraits ...

Commentaires

  1. J'admire ton style. Très belle description.
    http://www.ledoubsjardindanabel.blogspot.com/

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  2. que de poésie dans tes coquelicots acer ,
    j'aime tout dans ses fleurs et ses chansons ,
    les photos et les peintures tout est poésie dans les pavots et coquelicots merci acer pour ces jolis mots ............IRIS

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  3. J'aime voir des champs de coquelicots, mais ici on n'en voit plus beaucoup.
    Tes photos sont superbes
    Pour l'iris pallida je n'en ai pas au jardin il me semble que son feuillage est panaché.As-tu cet iris au feuillage panaché qui fait des fleurs bleues?
    Sur le blog d'Anne-Marie(Jardins des Grandes vignes) elle en parle

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  4. Bonjour Gine,
    tes mots sont plein de poésie, tes photos sont magnifiques et puis .... j'adore les coquelicots tout en simplicité, et si naturels!
    Merci pour ce doux moment d'évasion et à tout bientôt.
    Belle journée Gine;

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  5. Il y a Sylvaine qui vient de me mettre un commentaire en disant que l'iris que je publiais était un iris pallida différentiable du germanica par la couleur de la spathe blanc pour pallida vert pour germanica.
    J'apprends quelque chose aujourd'hui
    Bises

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  6. Très belles photos de pavots et de coquelicots.
    Dommage que ces derniers disparaîssent de nos champs tout comme le bleuet au milieu des champs de blé.
    Amicalement
    Liane

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  7. C'est juste magnifique !
    Bravo et j'aime particulièrement la deuxième image...mélange de gris et de rouge, c'est sublime!

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  8. Tes coquelicots sont magnifiques, la 1ère macro est admirable !

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