vendredi 23 avril 2010

Les couleurs de la Grèce

Bien évidemment, la Grèce c'est ça. Sa couleur, c'est d'abord le bleu. C'est vrai que la mer nous mitonne des  teintes qui vont du turquoise le plus minéral au bleu le plus profond...

lundi 19 avril 2010

La fleur de l'oranger

En ville, ça vous atteint par vagues, une réminiscence soudaine de desserts, de douceurs ... un peu écoeurante, suave. C'est fugace, vous croyez avoir rêvé. Sur la route des champs, l'air fouetté par la vitesse vous surprend : c'est bon, ça vous prend la gorge, vous aspirez, jusqu'à la nausée. Les arbres sont étoilés par les fleurs blanches, en grappes irrégulières. L'odeur vous cerne, vous ramène à l'enfance, à l'Orient. Pâtisseries arabes, neroli libanais, bouteille bleue chez l'épicier : les associations se pressent dans votre tête et vous font voyager. Vous marchez entre les arbres, vous touchez les fleurs cirées, les feuilles vernies, les abeilles butinent la même senteur...

jeudi 15 avril 2010

La sieste

Nous partons, l'estomac un peu lourd, mais le pas décidé ... A travers les ruelles, même nos pas ne troublent pas le calme de l'après-midi... les volets sont tirés, la ville semble inhabitée. Un chien nous perçoit soudain et aboie avec rage pour défendre son domaine, son sommeil. Personne ne paraît l'entendre et ses cris ne troublent pas l'impression de paix . Il se lasse ... On entend parfois une discussion sottovoce, vite absorbée. Finalement, nous débarquons sur la place du marché. Surpris, nous nous arrêtons : là où, quelques heures auparavant, régnait un charivari de couleurs, d'odeurs et de bruits, tout est nettoyé, calme. Pas une voiture ne trouble le silence. Nous longeons le parc... quelques vieux somnolent sur des bancs, un chien déambule, sans conviction. Il ne prend même pas la peine de nous suivre ...

On glisse lentement sur le marbre immaculé de la place. Au loin, la rumeur reprend, nous restons encore dans le cocon du silence, sous les grands arbres.
Un groupe de jeunes, rieurs, bruyants, déambulent, une glace à la main, donnant le signal de la reprise des activités. En quelques minutes, la cité reprend ses droits, les voitures déboulent, et tout s'anime... Nous secouons de nos épaules la torpeur envahissante et nous sortons de la sieste, presque soulagés !

samedi 10 avril 2010

Une rencontre en été

J'admire le jardin, je me promène lentement une tasse de café à la main, je répertorie ... les plantes, les prochaines floraisons, les travaux à faire... L'air bourdonne, on entend une mésange au loin et mon oeil est attiré par un désordre, une irrégularité dans l'agencement de la camomille. Je trouve un bijou, laqué, tout vibrant de ses longues antennes ! Je m'arme de mon APN - toujours à portée de main quand je suis au jardin - et je tire le portrait de cette merveille. Sans s'émouvoir, l'insecte a continué son repas, inspectant longuement chaque chapeau de la camomille. Je le soupçonne même d'avoir piqué un petit somme, pour mieux digérer !
Plus tard, potassant mes bouquins, les sites spécialisés, j'apprendrai le nom de cet insecte, ses habitudes... C'est une chasse qui me plaît bien, je découvre de nouveaux horizons. j'apprends !

Strangalie tachetée - 24 juin 2009
Merci à Démons et Merveilles qui est ma source de référence préférée!

La Strangalie tachetée - Rutpela maculata - se nourrit du pollen. Les taches sont inégales d'un individu à l'autre, mais toujours sur fond jaune. Les pattes et les antennes sont elles aussi jaune et noir. Elle vit trois semaines environ et pond dans les bois morts. La forêt étant proche de mon jardin, j'espère la revoir chaque année.

vendredi 9 avril 2010

Pensées cornues

La pensée cornue (Viola cornuta) est la reine des jardineries et de nos esprits embrumés par l'hiver...

Timide, la violette ? Pas tant que ça, quand elle est cornue. Subtile, certainement ... comme son parfum et ses couleurs délicates qui contrastent fort avec celles des primevères rutilantes ou des jonquilles pétantes de santé. Mais en groupe, elle hausse les dégradés, elle s'ajuste aux autres pour ne pas choquer nos yeux habitués au gris de la morte saison...

En automne déjà, j'en achète quelques plants que je tiens à l'abri de la grosse neige, sur un rebord de fenêtre. La Viola cornuta s'épanouit pendant de longs mois. Elle supporte bien le gel prolongé, et tout l'hiver, elle tourne vers nous son minois sérieux pour nous annoncer que le printemps reviendra. Si la neige la stoppe momentanément dans sa floraison, elle fait le gros dos, elle prépare ses fleurons sous le froid et dès le premier soleil, on voit apparaître un pétale mauve ou blanc, la petite cloche s'entrouvre.
Les pâlottes sont en bac depuis le mois de novembre. J'espère qu'elles auront eu le temps de se resémer entre les dalles de béton de la terrasse.Je les ai repiquées dans un coin du jardin pour leur offrir une seconde jeunesse.
Chaque année, je m'offre les nouveaux coloris... Couleur chair et parme pour cette année. L'orange est toujours gracieux avec les bleus ...
Pensées cornues, pensées tarabiscotées ?
A vous de choisir ! Cette belle, mutine, en a des rides de plaisir autour des yeux !

lundi 5 avril 2010

Rose

Qui a dit que le rose était bonbon ? Certainement un écrivain à l'eau de rose ! J'aime la fraîcheur de cette couleur : le rose resplendit en toute saison au jardin. Au printemps, il jure avec les jaunes des jonquilles et des forsithias, mais si on lui ménage un coin intime, en compagnie du bleu ou du blanc, il nous offre toute sa vibration. Il peut être délicat, tendre, ou plus affirmé, sombre, pétant. Toutes les couleurs le mettent en valeur, à part ... le jaune, justement !
Voir la suite des photos ici

dimanche 4 avril 2010

Les oeufs de Pâques !

Voilà la photo du jour - spécial Pâques ! La grêle s'est invitée, belle surprise, non ? On pourrait penser aux oeufs à la neige ...
Je les trouve pourtant bien décolorés, mes cocons, cette année.
Bonnes fêtes !

vendredi 2 avril 2010

Le voyage en train

La bise froide me transit sur le quai. La bruine humidifie mes cheveux, mes habits. Le brouillard est là, à portée de la main. Puis la voix nasillarde de l'annonce suivie par la vibration et le fracas du train.
Je m'assieds, je m'installe, je cale mes sacs, je recrée un espace personnel et lentement, je soupire...
Je prends conscience du brouhaha des discussions, avec parfois un rire plus aigu, ou plus grave, qui casse le rythme de la rumeur. Dans la répétition monotone du passage des traverses, la somnolence me gagne. Suis-je dérangée par le chuintement des musiques dans les écouteurs des voisins ? Même pas. Ils font partie d'un ensemble qui me porte vers la léthargie. Parfois une conversation téléphonique domine et je sens l'agacement me gagner par le déballage indécent qui ne me concerne pas.

jeudi 1 avril 2010

1er avril !

Drôle de poisson, cette année ! 3 cm de neige sur le jardin, bien lourde, bien gelée. Je suis partie pieds nus chercher mon journal jusqu'à la boîte à lettres, mais après 5 m. parcourus et quelques glissades, je suis revenue mettre des souliers d'hiver !


A 680 m. d'altitude, il neige chaque année sur les jonquilles. Il y  deux jours, je paressais sur ma terrasse, avec un coca et je trouvais la vie douce... Les jonquilles se pavanaient, encore raides, encore tassées par le froid, mais profitant elles aussi de la douceur .
Mais non, je ne sortirai pas la pelle à neige ! Elle fondra toute seule, elle prendra le temps qu'elle voudra, la belle blanche ! Et les primevères qui font le gros dos pourront à nouveau refléter la joie de vivre.

Cuisine de Pâques

Traditionnellement, je cuisine du cabri pour Pâques. Je m'efforce de ne pas penser aux jolis petits qui gambadent dans l'herbe, pour pouvoir goûter pleinement et sans remords la finesse de cette viande ...
C'est la seule période de l'année où je trouve cette spécialité chez les bouchers de la région, bien que la plupart se contente de l'agneau pascal. Cette recette familiale, remaniée (huile d'olive, paprika), rencontre un franc succès, même chez les personnes sensibles au goût - et au sort - de la chèvre.
Je dois dire que moi même, lorsqu'au Cap Vert, le paysan m'a amené le cabrito tout vivant et tout bêlant, j'ai eu un frisson et une légère hésitation... J'ai dû lui demander d'aller faire sa boucherie avant de venir me vendre la viande ! Carnivore d'accord, mais ...
Je vous donne cette recette toute simple, qui n'enlève rien au goût délicat du cabri.

Promesses

Sur mon chemin, le printemps avec ses "premiers" Première étoile bleue dans l'ombre ocre des feuilles mortes ...