vendredi 30 juillet 2010

Trois écritures

Porte arrière d'un café réputé !

Dans le cadre de la découverte de ma ville, j'ai glâné quelques écritures ...  Les écrits sont partout dans la ville, même sans tenir compte de la publicité. Le regard est saturé , et souvent on ne les voit pas, pourtant il suffit de les débusquer ...
Après la destruction d'un immeuble

Vieille auberge, rénovée, sur le Chemin de St-Jacques

jeudi 29 juillet 2010

Coin d'enfance

A-t-on tous un coin de son enfance qui ressemble au paradis ? Je le souhaite à tout le monde : c'est un refuge dans les moments difficiles ou simplement lorsque le sommeil fuit. Retourner en esprit sur un lieu où l'on a été heureux, revivre ces instants en égrenant les petits tableaux  ...

Pour moi, ce coin, c'est le petit lac de Montorge, près de Sion, en Valais. Oh, c'est une gouille, comme on dit chez nous, rien de grand, rien de spectaculaire. Juste un étang, à l'arrière d'une barrière rocheuse qui le sépare de la plaine et qui en ombrage une rive.

De grands saules ébouriffés, des roseaux, des nénuphars, des libellules, des salamandres, des grenouilles, des nèpes : un monde fascinant pour l'enfant que j'étais. Un sentier mal dégagé serpentait au pied de la colline, l'autre bord était inatteignable, ajoutant au mystère ...Le soir, le rossignol y chantait, et même enfant, je ressentais la nostalgie de son appel.

Massettes
En hiver, la glace était testée, une ficelle tendue pour nous protéger des endroits dangereux; les patins vissés à des bottines, je m'élançais précautionneusement entre les roseaux pris dans la glace, puis ensuite, plus librement, dans le crissement des patins et les cris des enfants. Mais, je préférais l'été ...


Je n'ai pas le souvenir de savoir comment j'y parvenais - c'est assez loin de l'appartement familial. Je m'y revois toujours seule en été, alors que c'est peu vraisemblable que j'y sois montée à pied, bien qu'à cette époque les enfants semblaient pouvoir aller et venir sans grand danger. Mais mes accompagnants, face à cette nature, n'avaient aucune importance : je croyais découvrir le monde... je le découvrais !

Foulque

Et bien, tant d'années après, j'y suis retournée ! Pour y découvrir une réserve naturelle. Avec un chemin de terre - un peu trop large à mon goût - qui fait tout le tour de l'étang, quelques étiquettes botaniques, mais toujours la même sérénité.

Aeshna grandis - ponte

Quelques promeneurs tranquilles, intéressés par les poules d'eau et les canards qui barbotaient dans les roseaux. Bien sûr, tout a été aménagé, l'étang libéré de la gangue trop importante de la roselière, des petits bassins annexes pour la reproduction des batraciens ont été prévus, mais tout est très nature, très simple.

Bouquets de massettes, libellules, papillons, salicaires, le chemin s'ouvre devant moi, dans le même émerveillement. Je n'ai pas entendu le rossignol, l'heure ne s'y prêtait pas ...
Le paradis est aménagé, mais il est toujours là, à la portée de tous !

mardi 27 juillet 2010

Proximité

Des amis étrangers que vous accompagnez à la découverte de votre ville vous donnent l'occasion de faire du tourisme ... chez vous ! A moins que ce ne soit une ballade entreprise sans grand entrain, un jour de désoeuvrement. 

Reflet et Belle dame à l'angle d'une petite place ...

Et tout à coup, c'est avec un oeil neuf que vous appréhendez l'environnement familier, l'itinéraire emprunté si souvent sans même le voir... Regarder sa ville dans le même état d'esprit que lors d'une visite dans une cité inconnue, avec le même enthousiasme et la même impatience de voir "tout". Regarder les gens comme si leur attitude pouvait donner un sens à la topographie et à l'architecture. Etre prêt à s'amuser d'un parler incompréhensible, d'un geste paraissant amical.  Etre à l'affût du détail significatif, de l'insolite, du beau enfin.

Lever les yeux et ...


Voir sur les toits

Prendre le parti de "découvrir" son univers quotidien avec l'esprit du voyage ...
Je m'y essaie régulièrement ...
Le soleil a rendez-vous avec la lune ... ou  Le baiser

samedi 24 juillet 2010

Iris

J'aime l'odeur de l'iris ... profonde, orientale, cacao ou vanille, avec une pointe d'amertume. Je respire cette fleur de très près et en ressors souvent le nez barbouillé de jaune ...
Ce contact me permet de voir au coeur de l'iris et d'apprécier la palette nuancée de chaque fleur.
Je froisse ces pétales qui laissent mes doigts tâchés d'encre pâle ou violente ...
La couleur, l'odeur, la forme, le port ... que reprocher à ce roi du jardin ?

Aujourd'hui, j'ai "pioché" dans les photos du mois de mai et je me suis amusée à faire ces trois montages. Couleurs pour faire oublier le ciel gris orageux !



lundi 19 juillet 2010

Djinns

Petite tortue (Aglais urticae)
A force de les côtoyer dans le jardin, j'ai fini par vouloir les connaître mieux. Bien sûr, je savais faire la différence entre une coccinelle et une abeille, comme tout un chacun, mais quelle coccinelle, quelle abeille ? euh ...  abeille, vraiment ?


Armée de guides, de sites, je m'y suis attelée, l'été passé, et depuis, je vais de merveilles en merveilles.
Oh, le sujet est ardu, j'en perds mon latin de botaniste, mais l'univers chatoyant que je découvre vaut bien quelques efforts. Je suis loin de maîtriser les particularités des hymenoptères, diptères et autres orthoptères, mais je me plonge avec délice dans les descriptifs, les photos, les explicatifs.

Hanneton acrobate

La chasse, l'APN à bout de bras, est souvent malchanceuse : ça bouge, ce petit monde ! C'est pas docile du tout, un insecte, ça va ses occupations sans imaginer qu'un monstre voudrait l'immortaliser en le laissant bien vivant. Il y va justement de sa survie ... et sa mobilité est un gage d'avenir.

Les bourdons nichent dans mes pots de fleurs

Les araignées, elles, font le pari contraire : elles chassent, immobiles, se fondant dans le décor, espérant que la proie se posera à leur portée.

Epeire diadème à l'affut et Pisaure admirable au petit déjeûner

Impatiente de nature, je n'ai pas - encore - leur sagesse et bien des photos m'échappent parce que j'ai abandonné trop vite, le bras fatigué !


J'ai longtemps "couru" après le Moro Sphynx, papillon colibri, si agile, si rapide. Son oeil rond lui donne un air de chouette ... ou d'innocence. Ces deux photos sont loin d'être parfaites, mais elles sont mes meilleures... sur quelques dizaines de trop floues. Mais je n'en veux pas à ce voltigeur : dans ma rétine se sont imprimées mille images de grâce, d'élégance, de beauté.

Belle livrée, mais qui est-il ? 
( Trouvé !  Criocère des céréales - Oulema melanopsus)

Ce n'est que devant les planches devant me permettre une détermination que je m'aperçois que tant d'espèces et de sous espèces se chevauchent et que je n'ai pas vu sur le moment le détail qui fait la différence. Quant à la mémoire ... puis-je vraiment compter sur elle devant tant de profusion ?

Souci
Je  rêve parfois des progrès de la technologie et de la puce photographique greffée sur mon oeil qui me permettra de montrer ce que je vois, avec la rapidité et la précision optique de ma pupille naturelle.

Chenille de l'Ecaille Martre. Je n'ai malheureusement jamais vu ce beau papillon dans mon jardin, mais cette chenille a cheminé dans le gazon de longues heures.

Qui pincera l'autre ? (Misumène sur Rose trémière)

dimanche 11 juillet 2010

Canicule

La canicule, "la petite chienne", c'est le mot sur toutes les lèvres ces jours ... et c'est normalement la période où  Sirius, étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien, se lève et se couche en même temps que le soleil. On y est pas tout à fait, encore, mais pourtant ...
Il fait chaud ... il fait un temps magnifique, jour après jour, depuis deux semaines. La température gagne quelques degrés chaque jour et après la première surprise due aux trop grands écarts, on se sent bien !
Le rythme de la journée va changer : il s'agit de mettre à profit les heures fraîches du matin, tant pis pour la grasse matinée. C'est maintenant qu'il faut s'activer aux tâches indispensables !
La journée est devant nous, sous un ciel bleu brumeux, annonciateur de la chaleur à venir.  L'air est encore frais, il circule dans les pièces de la maison ...Pourtant, les premiers rayons réchauffent les murs et caressent la peau avec douceur entre les ombres des arbres.

Quelques heures plus tard, il faudra s'en protéger, ils n'auront plus rien de doux... Le moindre effort nous fera transpirer ... on essaiera de bouger le moins possible, ou alors, très lentement ... On se tiendra d'abord sous le parasol, mais la chaleur intraitable ne nous lâchera plus, et c'est finalement la tête un peu lourde que l'on se réfugiera à l'intérieur. Pour un repas léger, suivi d'une sieste dans la pièce assombrie, laissant l'après-midi vibrant derrière les rideaux tirés.

Plus tard encore, la lumière perdra sa dureté minérale et on pourra envisager de traverser le jardin, prendre un livre et s'installer à l'ombre du chêne. Les insectes sont encore tout excités, les enfants aussi ...

Ce n'est que lorsque le soleil se couchera, que la chape se soulèvera, qu'une petite brise chaude nous donnera une nouvelle respiration. Et la lumière bleue restera longtemps ... avant que la nuit étoilée la remplace ... Encore un peu de douceur dans le jardin, dans l'écho atténué des voix et des rires. Les gens sont détendus, ils se rencontrent autour d'une grillade, demain est encore loin ... L'avant goût sucré des vacances !

Quand la fatigue l'emportera sur le désir de rester encore, la maison paraîtra étouffante... et le sommeil sera long à venir !

vendredi 9 juillet 2010

Chine

Non, non ce n'est pas de voyage dans un pays oriental que je vous parle ... mais bien d'un voyage mystérieux, un voyage à travers les objets, porteurs d'histoires vraies ou rêvées.
Les brocantes :  je les aime toutes : les cotées, avec leurs antiquaires dédaigneux; les villageoises, dans la simplicité bon enfant d'une fête populaire; les charitables, avec leurs ouvrages au crochet ...

Il y a des vide greniers modestes, avec des petits objets du ménage, des verres dépareillés, des ustensiles démodés, un tapis usé, et des brocantes plus importantes, avec des armoires de bois, des fauteuils rembourrés, une vieille moto ...

On navigue entre les stands, dans une odeur de poussière, de vieux tissu, un peu repoussante. Le regard est aux aguets, à la recherche de l'objet in-dis-pen-sa-ble, celui qu'il ne faut pas manquer. La démarche est ludique : faire une bonne affaire, dans le joyeux échange du marchandage, en achetant un bidule peut-être inutile, mais à bon prix ... Parfois, les prix sont affichés, la mine du marchand rébarbataire et le verre convoité perd tout son attrait. Acheter en brocante, ce n'est pas acheter au super-marché ! L'échange objet-argent doit être accompagné d'un rituel spécifique au troc : j'y gagne, mais tu y gagnes aussi - à défaut, l'achat n'est pas intéressant et la magie n'opère pas.

Il y a des modes : les cuillers à absinthe, les bouteilles à siphon, les terrines de grès. Il y a aussi les incontournables : les vieux outils, les vieux livres, le matériel militaire, les couverts argentés ...On a tous un dada, un graal : qui, les toiles de lin ou les dentelles, qui, les figurines de plomb ou les petites voitures... Moi, après des années de papillonnage, d'achats compulsifs de petits meubles, de saladiers, de lampes, de boîtes - et des déménagements toujours plus importants -  je me suis "spécialisée" sur les vases !

Et il y a de quoi faire ! Des vases en terre, en porcelaine, en verre, en métal : combien ont été reçus, pas aimés, jamais servis ? Je les achète souvent avec l'étiquette encore ! Je les jauge du coin de l'oeil, je jauge aussi la marchande, l'allure du stand, les autres objets. Je crée le bouquet, sa forme, sa couleur ... Je me fixe un prix maximum ... puis je me lance. L'affaire se fait ou ne se fait pas, en fonction du prix, bien sûr, mais aussi de l'attitude du vendeur...

Mais ... on ne revient pas d'une brocante les mains vides : on a craqué pour un truc... petit, pas sûr que l'on s'en serve, mais bon ... Évidemment, il y a les coups de foudre : alors là, plus rien de ludique, ni de raisonnable : ça ne se discute pas. Il nous le faut !
Mais c'est chez soi que l'on apprécie enfin sa trouvaille :  lui redonner son éclat, la mettre en valeur ... On finit par l'aimer comme s'il nous avait toujours accompagné.

Malgré les étagères pleines, les recoins où l'on empile les objets en attendant de les utiliser, les promesses que l'on se fait, la culpabilité devant l'accumulation, la chine ne perd jamais de son attrait !

samedi 3 juillet 2010

Jardiner à la fraîche

Rosier Sourire d'orchidée
La canicule nous oblige à soigner le jardin ... à la fraîche, quand le soleil est encore masqué par les arbres voisins, dans la lumière douce du petit matin. Obligation ou plaisir ? Les oiseaux entonnent leur hymne estival, sans relâche, le glouglou du bassin rafraîchit encore.
Le bassin, avec Iris kaempferi laevigata Darling
On commence par couper quelques fleurs fanées, on admire les boutons qui écloront peut-être aujourd'hui, on découvre une plante oubliée ... Quelques pas de ci, quelques pas de là. Le monde est neuf, lavé, lisse.
La dernière gorgée du petit café siroté pendant ce premier tout d'horizon nous donne un coup de fouet, et l'outil à la main, on commence à désherber, à préparer de nouveaux endroits pour glisser entre les vivaces trop épanouies, les plantons qui attendent sagement dans la serre.


Un coin "ensauvagé"
Les muscles obéissent bien le matin : le travail est facile, même s'il faut déterrer un gros pavot qui a bien fleuri, bien sûr, mais qui écrase tout alentour avec son feuillage qui n'en finit pas de jaunir ... On se glisse entre les buissons, on évalue leur ombre pour savoir si un hosta s'y plairait ... ou peut-être une fougère ? Non, à midi le soleil aura tourné, il y fera trop chaud !

Vieux rosiers, éventuellement R. Pascali et R. Lolita

On réfléchit, en arrachant les herbes qui risquent de monter en graines, à l'occupation de l'espace par une plante adaptée, à la vision qu'on en aura de la terrasse, ou du coin où l'on aime bien s'asseoir pour regarder le jardin vivre. On marie les couleurs du futur, de la floraison à la fanaison.

Les insectes bourdonnent, et leurs stridulences étagées du plus bas au plus aigu nous font sourire par leur incongruité parfois, lorsqu'ils se heurtent à une feuille, lorsqu'un mouvement les dévie de leur trajectoire.
Insensiblement, l'air se réchauffe, le rythme se ralentit. On trouve le prétexte d'une plante à attacher pour aller chercher un tuteur, un lien, un ciseau plus affûté et changer d'activité pour soulager le dos.

R. Lilian Austin, avec étole de camomille

En nous redressant, on est frappé tout à coup par un rais de soleil qui illumine une feuille, une fleur. L'ombre creuse de nouvelles vallées, la lumière sculpte le jardin qui paraît neuf.
Rosier Abraham Darby et feuilles de Crocosmia
Là, cette plantule va souffrir elle aussi, alors, un peu d'arrosage ... Puisque le robinet coule, profitons-en pour se rafraîchir les bras ... Tiens, un verre d'eau serait le bienvenu ... Il fait chaud, la sueur dégouline, les démangeaisons rampent sous la salopette comme autant de fourmis imaginées : il es temps de commencer à ranger, arrosoir et outils! Un dernier tour, pour apprécier les jeux de la lumière dans les corolles fragiles, sur les feuilles vernissées et dans les longues herbes.
Campanules, lachis, en vrac
Puis, c'est enfin, la fraîcheur de la maison, le verre d'eau et la douche apaisante.
Satisfaction d'un travail bien fait, la journée à peine commencée, le corps à peine fatigué ...




Simple plaisir

d'une pratique retrouvée : le bouquet, cueilli aux petites heures, que l'on soit dimanche ou un autre jour! Alchémille et rose ...