lundi 24 novembre 2014

Dans l'automne finissant

Des semaines chamboulées où le temps ne semble plus avoir la même mesure, où les tâches s'enchaînent les unes aux autres, sans qu'il semble possible de les choisir... et une petite fenêtre inespérée, un après-midi de soleil, comme un cadeau!
Dans le contre jour, la voie semble toute tracée... traverser le village, franchir les obstacles et déboucher dans la vallée.


Les montagnes enneigées surplombent les forêts rousses des hêtres défeuillés... Juste quelques mélèzes rappellent les ors de la semaine passée.


Les arbres sont dépouillés, ils ont pris leurs couleurs d'hiver - pourtant le soleil chauffe encore doucement leurs bois pas encore prêt à affronter l'hiver, dirait-on.


Je me sens moi aussi encore désireuse d'un peu de chaleur... cet après-midi semble aussi doux qu'un printemps. Arrêt sous un grand tilleul abritant quelques fruits de fusain déjà pillés par les moineaux qui pépient au-dessus de ma tête: de la couleur encore!


Mais à flanc de coteau, le feu des forestiers laisse traîner une fumée, comme une longue écharpe de nostalgie dans l'automne finissant.



mercredi 5 novembre 2014

Samedi forestier

"J'ai envie d'une balade". Voilà ce que mes proches entendent  à satiété car depuis l'enfance, selon les dires de ma mère, "les murs me tombent dessus". Je dois sortir, sentir la ville ou la nature, tout sauf rester confinée...
Mais après tant d'années passées dans la même région, les balades d'une heure ou deux, je crois les avoir toutes faites! Pourtant, je m'obstine, le nez sur la carte, à repérer des chemins non encore parcourus, des "gouilles" inconnues miraculeusement écartées des parcours familiaux avec jeux organisés... L'autre impératif que je fixe, et pas des moins exigeants dans ma région, c'est "pas trop de montée". D'accord, c'est presque impossible ici, je me fais avoir régulièrement, mais si la balade n'est pas trop longue, je suis bonne perdeuse - juste pour avoir marché à l'air libre!
Samedi passé, le temps était si doux... Comment me résoudre à jardiner, alors que la nature alentour commence à prendre couleurs? La forêt m'appelait...  Sur la carte, une épinglette "curiosité" attira mon attention: "Flühlenmühle" Ah! un moulin, donc de l'eau, une rivière...
Nous avons laissé la voiture sur le chantier tout proche et dévalé le chemin de gravats en nous disant que nous avions fait un drôle de choix... Mais dès la rivière atteinte, le chemin reprit une allure moins industrielle et en quelques centaines de pas, nous avions atteint  une grosse ferme cossue, avec sur son côté le moulin!


Un filet d'eau suffisait pour que l'immense machine tourne, pesamment, glissante et comme huilée. Un moment mystérieux... Le moulin a été rénové, il est visitable dans le cadre d'activités tout au long de l'année. Mais là, il ne tournait que pour nous, dans un silence impressionnant.
Tout le lieux était moussu, humide, et en quittant la ferme, une fontaine gnome impressionnante...


Tufs et mousses n'empêchaient pas son gargouillement impétueux!
Nous avons suivi le torrent, pénétrant dans la forêt, jouant avec les feuilles déjà tombées et admirant la lumière dans celles qui jaunissaient au-dessus de nos têtes...


Le chemin descendait joliment et je savais qu'il faudrait que je revienne sur mes pas! Mais, le spectacle du soleil dans les hêtres étaient bien trop beau pour que je renonce déjà.


Finalement, nous avons débouché sur la rivière, toute d'argent derrière l'écran doré...


Avant de reprendre la montée, nous avons encore flâné jusque sous les arches du pont de chemin de fer, débusquant des drôles de champignons sur les troncs, dans les feuilles, essayant d'apercevoir le troglodyte dont nous entendions le cri d'alarme.


Déjà, le brouillard reprenait ses droits et l'atmosphère de la forêt au retour avait complètement changé en deux heures à peine!


Entre un chantier, un moulin et un pont, un morceau de nature conservée et un samedi de novembre tout de douceur!

dimanche 2 novembre 2014

Fleurs de novembre ou bouquets du dimanche 53

Pour ce dimanche, je voulais vous parler du chrysanthème, puisque c'est la fleur du weekend... Après avoir vu les débauches de cette fleur sous sa forme étoilée dans les cimetières français, j'ai compris pourquoi elle est associée à la mort, et détestée par beaucoup. Il me semble qu'ici elle est tout autant appréciée pour le 1er novembre, mais que le choix du décor est plus varié et que beaucoup la délaissent pour des bruyères, des petits conifères, des pensées...

Moi, le chrysanthème, je l'aime "pompon", grosse boule odorante aux pétales incurvés montrant leur reflet métallique!


Je ne l'associe pas à la mort, mais au Japon où il est symbole impérial et vénéré depuis des siècles. Il accompagne depuis longtemps mon entrée dans l'hiver.
Etudiante, je le convoitais et je faisais un arrêt devant la vitrine du fleuriste le plus huppé de la ville pour admirer les énormes bouquets et déjà, j'isolais la fleur la plus parfaite pour la déposer mentalement dans un simple verre... Ce n'est que bien plus tard que j'ai pu faire les frais d'un tel achat!
J'aime tout chez lui, sa tenue un peu rigide adoucie par son feuillage velouté, l'odeur des feuilles froissées, roborative, ses couleurs mordorées, du bronze glacé au blanc éclatant!
Je l'associe parfois à des branchages, des feuilles mortes, mais cette année, je l'ai voulu solitaire.


Il commence sa vie chez moi dans une longue flûte, tout dépouillé, mais finira comme un nénuphar, posé à même l'eau de la coupe, japonaise, bien sûr.

Le gel a brûlé les premières feuilles des dahlias. Il est temps de cueillir leurs dernières fleurs et de sortir les bulbes de terre. Ce dimanche, et pour quelques heures, ce sont eux qui jouent les nymphéas dans la coupe noire, accompagnés de pierre de lave...


Ce pourrait être le bouquet du dimanche numéro 53, mais j'ai préféré vous montrer encore la branche de Ghislaine de Féligonde qui a fleuri cachée dans les buissons... Les fleurs ont pâli,  et sont sur le point de laisser tomber leurs pétales...


Je ne voulais pas me priver de leur grâce.
Ce ne sont pas de vrais bouquets, juste des fleurs posées là... Mais parfois la simplicité nous allège l'âme!

Bon dimanche à tous

Promesses

Sur mon chemin, le printemps avec ses "premiers" Première étoile bleue dans l'ombre ocre des feuilles mortes ...