mardi 31 mars 2015

La légende du "Pendu-dépendu"

J'ai à plusieurs reprises vu dans des églises ou des chapelles des tableaux de "pendu". Sans m'en rendre vraiment compte, je m'en détournais, assez rebutée par cette mort  horrifiante dont le grotesque ne m'échappait pas.
Puis, dans le cadre d'un reportage - ici - sur le chemin de St-Jacques de Compostelle qui traverse ma région, j'ai décidé de voir ce qu'il en était vraiment!

Coquille des pélerins déposée sur l'autel de la Chapelle St-Jacques, Tavel
La légende est fort ancienne et fort répandue et elle a plusieurs versions dont je vous livre les deux plus courantes.
Selon la première version, un pèlerin et son fils s'arrêtent dans une auberge. L'aubergiste cache dans leurs affaires une coupe d'argent et dès leur départ avertit du vol la maréchaussée! Le père et le fils furent arrêtés et le fils fut pendu.
Selon la seconde, c'est une serveuse de l'auberge qui fait des avances au fils du pèlerin qui la repousse. Pour se venger, elle glisse la vaisselle d'argent dans sa malle et l'accuse du vol, avec la même pendaison au final.

Fresque de la Chapelle St-Jacques, à Tavel
Jakob Stoll, 1769
Le père se rend seul à St-Jacques de Compostelle où il prie pour son fils et lors de son retour, il entend son fils toujours pendu au gibet lui parler et le consoler. Il dit être restauré par St-Jacques. Le père va donc voir le juge et celui-ci fait décrocher l'innocent et pendre le délateur (ou la délatrice) à sa place.
Une jolie variante espagnole qui se passe à Santo Domingo de la Calzada dit que le juge était en train de manger une poule et un coq rôtis et qu'il aurait ri en attendant la relation du miracle. "S'il est vivant, que cette poule caquette et que ce coq chante!". Les deux volatiles s'exécutèrent et le juge fit décrocher le pendu...


La poule et le coq se trouvent toujours à la Cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, derrière une grille pour éviter que les pèlerins ne leur arrachent la plume. C'est désormais le curé qui leur fournit le gri-gri à joindre à la coquille!


L'histoire court, et enflamme les imaginations, telle une rumeur, pendant tout le Moyen Age et nombre d'églises en France, en Suisse et en Autriche, rapportent le miracle.
Le but de cette légende aurait été d'inciter les pèlerins à se méfier des aubergistes peu scrupuleux!

En 2007, j'avais fait un tout petit bout de chemin sur la Via Jacobi, dont le chemin creux à l'époque médiévale devait être un fameux coupe-gorge!


Peut-être connaissez-vous cette histoire sous une autre variante, propre ou non à votre région? Ce serait intéressant de pouvoir les comparer!

(Sources: Wikipédia)

samedi 28 mars 2015

Une balade dans le printemps

Ce matin, j'ai renoué avec une vieille habitude: une balade dans la fraîcheur... Prise tout l'hiver par la lecture quotidienne des blogs, douillettement installée avec mes cafés derrière mon ordinateur, je me suis laissée vivre, le plus chaleureusement possible. Mais ce rythme commence sérieusement à me lasser...

Désireuse de voir si l'Anémone hépatique dont je vous parle ici et ici  était fleurie, j'ai repris le chemin de la forêt abîmée. Celle-ci se remet doucement du carnage, et les joggeurs rencontrés ne semblent même pas remarquer les cicatrices laissées par la coupe des grands arbres voilà deux ans.

D'ailleurs, le chemin est encore longé de sapins et de hêtres, comme s'il avait fallu le protéger tout en dégarnissant la forêt jusqu'à ses rives...


Les grives, les mésanges et les pinsons entrelaçaient leurs chants et leurs cris au-dessus de ma tête, le soleil baignait le sous-bois et l'air piquait encore un peu. La rumeur de la ville me parvenait, vibrante mais si éloignée.


Il était encore trop tôt pour que l'Anémone tant admirée relève la tête... elle semblait encore toute alanguie. Pourtant, sa belle couleur formait déjà des flaques azur dans le brun des feuilles mortes.


Je me suis arrêtée sous l'arbre aux chatons espérant surprendre un bourdonnement... mais les abeilles elles aussi dormaient encore!


A l'orée de la forêt, une petite troupe de chamois, familière des lieux, paissait dans les pâturages reverdis, en toute quiétude. Rien n'aurait pu leur faire relever la tête pour permettre à la photographe de faire une "vraie" photo!


Je suis restée à longtemps à les observer, adossée tranquillement à un arbre, espérant une action quelconque de leur part. Même les joggueurs suivant la courbe du chemin qui les rapprochait ne les ont pas fait broncher - bien trop occupés à se nourrir...
J'ai rebroussé chemin, et la lumière dans la forêt avait changé : l'Anémone s'était réveillée!



Simple plaisir

d'une pratique retrouvée : le bouquet, cueilli aux petites heures, que l'on soit dimanche ou un autre jour! Alchémille et rose ...