La légende du "Pendu-dépendu"

J'ai à plusieurs reprises vu dans des églises ou des chapelles des tableaux de "pendu". Sans m'en rendre vraiment compte, je m'en détournais, assez rebutée par cette mort  horrifiante dont le grotesque ne m'échappait pas.
Puis, dans le cadre d'un reportage - ici - sur le chemin de St-Jacques de Compostelle qui traverse ma région, j'ai décidé de voir ce qu'il en était vraiment!

Coquille des pélerins déposée sur l'autel de la Chapelle St-Jacques, Tavel
La légende est fort ancienne et fort répandue et elle a plusieurs versions dont je vous livre les deux plus courantes.
Selon la première version, un pèlerin et son fils s'arrêtent dans une auberge. L'aubergiste cache dans leurs affaires une coupe d'argent et dès leur départ avertit du vol la maréchaussée! Le père et le fils furent arrêtés et le fils fut pendu.
Selon la seconde, c'est une serveuse de l'auberge qui fait des avances au fils du pèlerin qui la repousse. Pour se venger, elle glisse la vaisselle d'argent dans sa malle et l'accuse du vol, avec la même pendaison au final.

Fresque de la Chapelle St-Jacques, à Tavel
Jakob Stoll, 1769
Le père se rend seul à St-Jacques de Compostelle où il prie pour son fils et lors de son retour, il entend son fils toujours pendu au gibet lui parler et le consoler. Il dit être restauré par St-Jacques. Le père va donc voir le juge et celui-ci fait décrocher l'innocent et pendre le délateur (ou la délatrice) à sa place.
Une jolie variante espagnole qui se passe à Santo Domingo de la Calzada dit que le juge était en train de manger une poule et un coq rôtis et qu'il aurait ri en attendant la relation du miracle. "S'il est vivant, que cette poule caquette et que ce coq chante!". Les deux volatiles s'exécutèrent et le juge fit décrocher le pendu...


La poule et le coq se trouvent toujours à la Cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, derrière une grille pour éviter que les pèlerins ne leur arrachent la plume. C'est désormais le curé qui leur fournit le gri-gri à joindre à la coquille!


L'histoire court, et enflamme les imaginations, telle une rumeur, pendant tout le Moyen Age et nombre d'églises en France, en Suisse et en Autriche, rapportent le miracle.
Le but de cette légende aurait été d'inciter les pèlerins à se méfier des aubergistes peu scrupuleux!

En 2007, j'avais fait un tout petit bout de chemin sur la Via Jacobi, dont le chemin creux à l'époque médiévale devait être un fameux coupe-gorge!


Peut-être connaissez-vous cette histoire sous une autre variante, propre ou non à votre région? Ce serait intéressant de pouvoir les comparer!

(Sources: Wikipédia)

Commentaires

  1. Je ne connaissais pas la légende. Peut-être est-elle évoquée sur un retable du Musée Unterlinden de Colmar ? J'essaierai d'y être attentif lors d'une prochaine visite.
    Bonne journée Gine.

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  2. Tu nous lances un sacré défi, mais en terre orthodoxe, je doute que je trouve un chemin de Compostelle.

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  3. Je n'avais jamais remarqué ces pendus... je serai plus attentive,
    merci pour la légende
    bonne journée

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  4. Aucune connaissance de cette légende... Je vais mieux regarder dans les églises mais il ne me semble pas avoir vu des pendus.

    Belle journée

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  5. Je n'ai jamais fait attention à ces pendus. J'y veillerai à l"avenir.
    J'ai plusieurs fois accompagné à cheval au départ d'Eygalières, des cavaliers qui faisaient le pèlerinage vers St Jacques, sans jamais pouvoir aller jusqu'au bout.
    J'ai trouvé ceci qui est très détaillé.
    http://darbois.francois.free.fr/fresques/miracle_du_pendu/miracle_du_pendu.htm
    Ton billet est fort intéressant.
    Bises Gine

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    1. Merci Mireille! J'ai suivi le lien et lu avec intérêt - et plaisir - cet article fort complet!

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  6. je ne connais pas cette legende , mais elle me fait penser au vieux film "l'auberge rouge" , avec Fernandel , qui était tiré d'une histoire vraie très semblable ..

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  7. Je ne connaissais absolument pas cette histoire, qui donne tout de même des frissons.
    Moi aussi, je me détourne en général de ces évocations dramatiques...
    Bonne journée, Gine !

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  8. Non, je ne connaissais pas cette histoire... Brrrrrr!

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