mardi 27 octobre 2015

Excursion chez les fous

Pas d'ironie, ni de sujet grave... juste le motif du voyage en Gaspésie!  Après avoir goûté aux charmes villageois de Percé, nous étions prêts pour le premier bateau transportant les touristes autour de l'île de Bonaventure... Le temps était splendide et la bourgade bien calme dans l'air un peu frisquet du matin. Nous avons cru un instant avoir un bateau pour nous tout seuls... mais finalement, nous avons été ajoutés sur un autre bateau, où un groupe avait déjà pris place... Petite désillusion vite compensée, peu de monde sur le pont, juste quelques follos qui ne voulaient rien rater!
L'occasion de voir la petite ville depuis le large...


Le tour du rocher pour commencer, l'occasion d'approcher la pierre magique et de jauger l'arche sous un autre angle, et quand nous avons passé dans la lumière grise de son ombre, le silence s'est installé sur le bateau...


Puis nous avons passé côté soleil. Le pilier de la deuxième arche effondrée en 1845 semble encore bien solide, mais tout le rocher est sensé disparaître d'ici 400 ans...


Le rocher avait fort belle allure autrefois - et les bateaux étaient eux aussi plus impressionnants que notre caboteur!
« A view of the Pierced Island by Hervey Smyth » par Drawn by Hervey Smyth 1760,
 engraved by Canot, Pierre Charles, 1710-1777, engraver.
 Library of Congress Washington, D.C. 20540 USA. Sous licence Domaine public via Wikimedia 
Enfin, nous arrivions  au large de Bonaventure... Les premiers phoques gris, puis les phoques communs, partout, en train de prendre le soleil,


et enfin, la colonie des fous de Bassan! Une émotion forte... et une odeur qui l'est tout autant! Je pense que beaucoup d'oiseaux étaient déjà repartis, les poussins gris que nous apercevions étant déjà bien grands. Pourtant, c'était absolument extraordinaire de voir une telle concentration! Tout à fait exaltant!


Ce n'est pas spectaculaire dans mon compact, je le savais d'avance, mais à vrai dire, je n'avais cure de la qualité des photos... j'ai préféré détailler de mes yeux moins réducteurs les familles groupées à chaque anfractuosité de la falaise, et admirer le vol précis de ceux qui rentraient au nid. Le bateau passait tout doucement à bonne distance pour ne pas déranger les oiseaux qui doivent y être tellement habitués qu'ils les ignorent complètement.
Un gros plan - juste pour le souvenir...


Evidemment, ce n'est pas comme à la télé!
Il était trop tôt pour marcher sur l'île, les guides n'avaient pas encore accosté, et inutile de penser nous promener à notre guise dans cette réserve faunique de haute valeur!
Nous sommes donc restés à bord, pour un retour sans escale à Percé, non sans nous remplir les yeux encore du paysage...


jeudi 22 octobre 2015

Une journée au bord du fleuve

Devant nous, la route égrenait ses noms joyeux et colorés, qui me rappelaient tant les Antilles : Gros Morne, Grande Vallée, Rivière-du-Loup, Trois Pistoles, Mont-Joli, Pointe-à-la-Frégate... Pourtant, l'atmosphère était bien différente!
Mais, cette litanie évocatrice nous poussait à quitter la route 132 pour aborder ces petits villages tranquilles posés au bord du fleuve.

Berthier-sur-Mer
Des maisons de bois à l'architecture un peu vieillotte, une église au clocher effilé recouvert de plaques métalliques luisantes, pas toutes aussi imposantes, mais partout très présentes, parfois un café ou un restaurant...

Trois Pistoles
Plus nous avancions, le paysage gagnait en intensité, les villages gagnaient un caractère maritime avec une activité de pêche.


Au loin, nous apercevions parfois le bout de la péninsule, les falaises nous masquant les havres et les plages où se nichent quelques maisons, un atelier mécanique, un motel parfois...


Nous passions d'un village à l'autre, nous arrêtant au port, nous imprégnant de cette ambiance étrangère à nos préoccupations quotidiennes, admirant les premiers vols migratoires des oies...


Le temps s'étalait devant nous, la journée appartenait à ces moments de pure découverte... Fuyant les grands centres, nous nous plaisions à flâner en bordure du fleuve, jusqu'au soleil couchant. Parfois un promeneur nous saluait, nous échangions quelques mots sur la douceur du temps, notre provenance, les oiseaux...


Un motel - déserté en cette fin de saison - nous accueillait, nous mangions un léger picnic, ne comptant guère sur les restaurants presque tous fermés... La balançoire de bois - partout présente et indissociable des moments de détente - nous berçait, jusqu'à ce que la fraîcheur nous oblige à regagner la chambre, les yeux pleins de lumière dorée...




dimanche 18 octobre 2015

Une journée à Percé

Voulant faire un voyage "nature", hésitant entre plusieurs destinations, seule la date comptant, nous avons finalement opté pour le Québec, et plus spécialement pour la Gaspésie. Feuilletant la documentation obligeamment prêtée par des amis enthousiastes, nous avions de la peine à imaginer notre circuit et avons décidé de "voir sur place". Bien nous en a pris!
Ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre, nous avons été surpris par l'accueil chaleureux qui nous a été partout réservé, et par le dépaysement total! Nous avons été transportés dans un autre monde! Je vais essayer d'en faire une chronique, sans ordre chronologique, juste basée sur les émotions et les découvertes.
Nous sommes arrivés à Percé, but du voyage, en fin d'après-midi... Une longue rue bordée de motels, de quelques boutiques - beaucoup déjà fermées, la saison touchant à sa fin. Rien de bien affriolant, mais de partout, nous pouvions admirer le rocher mythique!


La promenade au soleil couchant était absolument exaltante!
Le lendemain, le temps était beaucoup moins enthousiasmant. Le vent, bien sûr, mais la grisaille, la brume et la bruine... La mer était grosse, et nous étions moins sûrs de pouvoir faire l'excursion projetée, à savoir le tout de l'ile de Bonaventure pour aller voir la colonie des Fous de Bassan. En effet, les bateaux ne partaient pas et les touristes - il y en avait tout à coup beaucoup, nous étions dimanche - attendaient qu'une décision définitive soit prise. Ayant horreur de ces concentrations, nous commencions à douter de notre décision... tout en voyant bien que si voulions voir les oiseaux nous devrions supporter la foule...
Nous avons attendu, et pour passer le temps, nous avons marché, pour connaître autre chose de la petite bourgade touristique! Attirés par la falaise, le bonnet aux sourcils, nous sommes partis allègrement pour découvrir le monstre sous un autre angle!


Entre-temps, la bruine était devenue crachin... mais les rosiers qui nous ont accompagnés tout au long de ce voyage n'en avaient cure.


Tout près du village, et déjà tellement éloignés, sur la lande, seuls et perdus...


Le vent s'acharnait sur les joncs qui bordaient des rigoles spongieuses... 


Pour échapper à son emprise, nous avons tourné le dos à la mer et cheminé jusqu'à l'église et découvert ainsi un village loin du centre très touristique. Un quartier tranquille, de grands arbres, des jardins soignés... Mais, un bus scolaire, le dimanche? Nous avons rencontré partout de ces bus caractéristiques et avons finalement compris qu'ils servaient, c'est vrai, au transport des écoliers, mais aussi à celui de toutes sortes de groupes!


L'église n'avait rien d'exceptionnel mais à l'intérieur des terres, elle était abritée des vents et la balade fut tout à coup beaucoup plus douce...
Une maison ancienne, bien rénovée... Il n'y en a plus tant que ça en aussi bon état, mais nous avons été charmés par les proportions de ces grandes bâtisses.


Revenus au port pour apprebdre que non, pas de bateaux aujourd'hui, malgré le beau temps revenu, nous avons mangé du homard dans un endroit un peu sélect, puis pris le chemin du musée, par désoeuvrement. La surprise fut totale: nous découvrions tout à coup la riche histoire de ce village du bout du monde que la pêche à la morue a fait vivre pendant cinq siècles. Les bateaux ramenaient le poisson à Percé où il était séché et salé sur la plage avant d'être mis en barils pour partir pour la France et l'Europe. Toute une économie s'est développée ensuite, toujours autour de la pêche. Dès 1920, c'est le tourisme de luxe qui investit la petite ville. Celui-ci s'est maintenant démocratisé, et les plages ne servent plus désormais à faire sécher la morue...


A notre sortie du musée, le soleil éclairait à nouveau le rocher, lui donnant sa belle couleur ocre. Nous avons flâné, mêlé aux badauds qui arpentaient le quai, admirant le passage de "nos premiers" Fous de Bassan...


et ne nous lassant pas d'essayer de capturer leur plongeon spectaculaire...


Une journée finie dans la douceur...

jeudi 15 octobre 2015

Octobre ailleurs


Une photo m'a pincé le coeur ce matin! Celle des Sternbergia en fleurs, du blog Le retour chez Canelle
Immédiatement, j'ai été transportée dans un lieu fort impressionnant. C'était en octobre 2009, dans la région du Magne, en Grèce...
La route avait été belle, malgré le ciel incertain, bordée de villages éparpillés dans les champs séchés et de figuiers de barbarie...


Nous avions quitté la route principale pour serpenter entre les villages fortifiés, souvent abandonnés, ou pourtant certaines maisons étaient heureusement restaurées, privilégiant la belle pierre blonde et des proportions harmonieuses et traditionnelles.
Chaque arrêt déclenchait des concerts d'aboiement peu rassurants. Au bout d'un chemin, nous arrivions sur cette jolie église... Ici, le silence régnait, nous étions au bout du monde...


La porte était fermée et un peu frustrés nous avons longuement cherché la clef, laissée en général dans une corniche, un détail de la porte ou du mur... Rien!
Tant pis pour les icônes, c'est en contrebas que le spectacle nous attendait, un olivier au tronc admirable


et à son pied, offrant leurs calices jaunes, piquetant l'herbe restée verte à l'ombre du centenaire


C'était ma première rencontre avec ce crocus d'automne, vécue comme extraordinaire - tant de fraîcheur dans un monde minéral que l'été avait séché et jauni!
La fleur et le lieu sont désormais inséparables dans mon esprit... et c'est pour faire vivre ce souvenir que j'ai planté des bulbes de cette belle dans mon jardin à l'automne passé... Mais le climat  semble l'empêcher de fleurir, à moins que ce ne soit la nostalgie de la Méditerranée!


Simple plaisir

d'une pratique retrouvée : le bouquet, cueilli aux petites heures, que l'on soit dimanche ou un autre jour! Alchémille et rose ...