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jeudi 15 octobre 2015

Octobre ailleurs


Une photo m'a pincé le coeur ce matin! Celle des Sternbergia en fleurs, du blog Le retour chez Canelle
Immédiatement, j'ai été transportée dans un lieu fort impressionnant. C'était en octobre 2009, dans la région du Magne, en Grèce...
La route avait été belle, malgré le ciel incertain, bordée de villages éparpillés dans les champs séchés et de figuiers de barbarie...


Nous avions quitté la route principale pour serpenter entre les villages fortifiés, souvent abandonnés, ou pourtant certaines maisons étaient heureusement restaurées, privilégiant la belle pierre blonde et des proportions harmonieuses et traditionnelles.
Chaque arrêt déclenchait des concerts d'aboiement peu rassurants. Au bout d'un chemin, nous arrivions sur cette jolie église... Ici, le silence régnait, nous étions au bout du monde...


La porte était fermée et un peu frustrés nous avons longuement cherché la clef, laissée en général dans une corniche, un détail de la porte ou du mur... Rien!
Tant pis pour les icônes, c'est en contrebas que le spectacle nous attendait, un olivier au tronc admirable


et à son pied, offrant leurs calices jaunes, piquetant l'herbe restée verte à l'ombre du centenaire


C'était ma première rencontre avec ce crocus d'automne, vécue comme extraordinaire - tant de fraîcheur dans un monde minéral que l'été avait séché et jauni!
La fleur et le lieu sont désormais inséparables dans mon esprit... et c'est pour faire vivre ce souvenir que j'ai planté des bulbes de cette belle dans mon jardin à l'automne passé... Mais le climat  semble l'empêcher de fleurir, à moins que ce ne soit la nostalgie de la Méditerranée!


lundi 24 novembre 2014

Dans l'automne finissant

Des semaines chamboulées où le temps ne semble plus avoir la même mesure, où les tâches s'enchaînent les unes aux autres, sans qu'il semble possible de les choisir... et une petite fenêtre inespérée, un après-midi de soleil, comme un cadeau!
Dans le contre jour, la voie semble toute tracée... traverser le village, franchir les obstacles et déboucher dans la vallée.


Les montagnes enneigées surplombent les forêts rousses des hêtres défeuillés... Juste quelques mélèzes rappellent les ors de la semaine passée.


Les arbres sont dépouillés, ils ont pris leurs couleurs d'hiver - pourtant le soleil chauffe encore doucement leurs bois pas encore prêt à affronter l'hiver, dirait-on.


Je me sens moi aussi encore désireuse d'un peu de chaleur... cet après-midi semble aussi doux qu'un printemps. Arrêt sous un grand tilleul abritant quelques fruits de fusain déjà pillés par les moineaux qui pépient au-dessus de ma tête: de la couleur encore!


Mais à flanc de coteau, le feu des forestiers laisse traîner une fumée, comme une longue écharpe de nostalgie dans l'automne finissant.



mercredi 5 novembre 2014

Samedi forestier

"J'ai envie d'une balade". Voilà ce que mes proches entendent  à satiété car depuis l'enfance, selon les dires de ma mère, "les murs me tombent dessus". Je dois sortir, sentir la ville ou la nature, tout sauf rester confinée...
Mais après tant d'années passées dans la même région, les balades d'une heure ou deux, je crois les avoir toutes faites! Pourtant, je m'obstine, le nez sur la carte, à repérer des chemins non encore parcourus, des "gouilles" inconnues miraculeusement écartées des parcours familiaux avec jeux organisés... L'autre impératif que je fixe, et pas des moins exigeants dans ma région, c'est "pas trop de montée". D'accord, c'est presque impossible ici, je me fais avoir régulièrement, mais si la balade n'est pas trop longue, je suis bonne perdeuse - juste pour avoir marché à l'air libre!
Samedi passé, le temps était si doux... Comment me résoudre à jardiner, alors que la nature alentour commence à prendre couleurs? La forêt m'appelait...  Sur la carte, une épinglette "curiosité" attira mon attention: "Flühlenmühle" Ah! un moulin, donc de l'eau, une rivière...
Nous avons laissé la voiture sur le chantier tout proche et dévalé le chemin de gravats en nous disant que nous avions fait un drôle de choix... Mais dès la rivière atteinte, le chemin reprit une allure moins industrielle et en quelques centaines de pas, nous avions atteint  une grosse ferme cossue, avec sur son côté le moulin!


Un filet d'eau suffisait pour que l'immense machine tourne, pesamment, glissante et comme huilée. Un moment mystérieux... Le moulin a été rénové, il est visitable dans le cadre d'activités tout au long de l'année. Mais là, il ne tournait que pour nous, dans un silence impressionnant.
Tout le lieux était moussu, humide, et en quittant la ferme, une fontaine gnome impressionnante...


Tufs et mousses n'empêchaient pas son gargouillement impétueux!
Nous avons suivi le torrent, pénétrant dans la forêt, jouant avec les feuilles déjà tombées et admirant la lumière dans celles qui jaunissaient au-dessus de nos têtes...


Le chemin descendait joliment et je savais qu'il faudrait que je revienne sur mes pas! Mais, le spectacle du soleil dans les hêtres étaient bien trop beau pour que je renonce déjà.


Finalement, nous avons débouché sur la rivière, toute d'argent derrière l'écran doré...


Avant de reprendre la montée, nous avons encore flâné jusque sous les arches du pont de chemin de fer, débusquant des drôles de champignons sur les troncs, dans les feuilles, essayant d'apercevoir le troglodyte dont nous entendions le cri d'alarme.


Déjà, le brouillard reprenait ses droits et l'atmosphère de la forêt au retour avait complètement changé en deux heures à peine!


Entre un chantier, un moulin et un pont, un morceau de nature conservée et un samedi de novembre tout de douceur!