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dimanche 19 mai 2013

Un bouquet pour un dimanche 17

Puisque le jardin boude sous la pluie et le froid et que ses belles dames rouge sombre sont encore endormies dans leurs manchons bien serrés,  c'est au supermarché que  j'ai craqué pour la pivoine blanche.

Un bouquet basique, tout en rondeur, pour exalter la forme de la fleur, dans un vase boule. Les boutons se sont ouverts dans l'heure, révélant leurs jupons compliqués.
Et le parfum, vanillé, citronné, avec un rappel de la tubéreuse... un peu cireux, un peu collant, presque entêtant. Mettez-y le nez :

J'aurais pu faire un bouquet plus compliqué, allier l'iris violet à la couleur crémeuse, le mauve de la glycine dégoulinant pour structurer un bouquet en hauteur... Avec une fleur parfaite, l'imagination n'est pas bridée, mais, j'ai volontairement choisi la simplicité : mercredi, je pars en vacances pour deux semaines!
L'île, La Lumineuse, m'attend...


A bientôt


mardi 4 octobre 2011

Soir, côte Ouest

Après la chaleur de la journée, la chape qui écrasait l'île se desserre, et c'est le pied léger que je pars "voir la mer" sur la côte ouest, pour ne rien perdre des changements de lumière.

C'est une autre dimension qui m'attend. De me dire, "droit devant : New York", fait surgir des odeurs et des rues incongrues sur cette rive.


La dune, le pin, tout atteste ici d'une nature dominante et tourmentée, rien de commun avec la sérénité éprouvée le matin.


La mer à marée basse clapote loin derrière les roches qui ont gardé prisonnières des flaques, comme de petits aquariums que je scrute, à la recherche d'une crevette transparente, d'un bigorneau ou de je ne sais quel être vivant. Certaines sont comme des prairies sous-marines et semblent ne jamais sécher.


Les trésors ramenés sur cette côte sont parfois répugnants, si étranges, avec leurs pieds arrachés par je ne sais quel orage, tels des poulpes géants arrachés à leur milieu vital. Leur couleur et leur matière me fascinent pourtant.



 D'autres algues encore, plus fines, plus rouges, si bien découpées, me font rêver de parures naturelles.


Longtemps, j'ai marché dans le sable, dans les cailloux, ignorant les baigneurs, perdus dans ce paysage, petites silhouettes si vite oubliées. Même les oiseaux ne les voient pas, et leur vol frôle le rivage comme si l'homme n'existait pas.



Le vent se lève, la lumière faiblit, et lassée, je reprends le chemin de la dune,


mais je sais que je reviendrai dans l'air marin et iodé,  fascinée par les variations de couleurs et de lumières,  bientôt.


vendredi 30 septembre 2011

Matin, côte Est

Vivre au centre d'une île, c'est se sentir entre deux mondes ... La mer est parfois diverse d'une anse à l'autre, mais ici, sa différence se joue essentiellement d'est en ouest. La matin, l'orient m'attire ...

Le pin est immobile, en bordure du sentier de la dune, dans l'air calme et doux

Mais dès le cordon frissonnant des oyas franchi, c'est un autre monde qui m'attend ... comme une bourrasque de lumière, qui coupe le souffle, qui donne envie de courir vers l'eau, comme un chien fou, dans le sable encore frais.

Lentement la pupille s'habitue, le souffle retrouve son rythme, la surprise s'estompe, mais l'émerveillement reste.  Il n'y a plus qu'à découvrir à pas lents les trésors que la nuit a déposés sur la pente douce, galets et bois flottés, à peine sortis de l'écume,

ou alors chevelure de sirène ou de méduse, un peu repoussante, mais dont la matière souple et un peu gluante est familière, comme des lambeaux de plastic ...

Inlassablement, je contemple les jeux de l'eau, les pieds froids, et la tête au soleil. Odeur salée, un peu minérale, quelques cris d'oiseaux ... S'amuser du plongeon de la sterne que la présence des premiers marcheurs ne semble pas distraire de sa quête obstinée.

Le soleil chauffe, quelques silhouettes apparaissent à l'horizon, mes yeux abandonnent le bleu,  je retourne vers la terre, dans l'ombre des pins, comme lavée de l'intérieur, ayant tout oublié de ma vie et de moi, le temps d'une flânerie au bord de l'immensité.