La terrasse, le symbole de l'été, des vacances, du farniente...
Je l'aime au petit matin, encore vide, dans la ville qui commence à s'agiter, pour un petit café contemplatif , jusqu'au soir, avec ses hordes de rieurs, pour un verre de vin rouge.
Il y a la terrasse sans façon, mobilier métallique qui racle le goudron du trottoir, parasols multicolores, avec la sommelière fatiguée, pas particulièrement souriante, juste polie, qui voudrait bien retourner à l'ombre ou qui peste contre le surplus de travail occasionné par ces tables supplémentaires. Il fait bon s'y asseoir dans la chaleur de l'été pour regarder passer les gens pressés, ceux qui travaillent, ceux qui font leurs courses, ceux qui sont pris dans le tourbillon de leurs occupations. Je m'accorde une pause, les bras sur la table métallique chaude, je m'amuse du spectacle des passants ... La boisson fraîche pétille dans mon verre, citronnée, et la cigarette allumée par plaisir se consume lentement ...
Il y en a bien sûr la terrasse prétentieuse, avec parasols géants, barrière protectrice - de quoi, de qui ? - où l'on mange des glaces plus grosses que savoureuses à la cuillère, avec nappe et serviette. Les serveurs s'agitent sans se presser, avec le déhanché nécessaire, les gens chuchotent, et c'est comme si l'intérieur du restaurant avait été transféré à l'extérieur, à contrecoeur, sans vraiment vouloir profiter du soleil et de l'été.
Et il y a ma terrasse préférée, la presque clandestine, collée contre la grande vitre du café, deux places qui font face à la rue, le parasol de guinguois qui n'abrite pas la table - ni les chaises d'ailleurs. Il fait bon s'y arrêter, ramener les jambes sous soi pour ne pas gêner le passage d'une poussette d'enfant, regarder la rue vivre. Laisser passer le temps, ....
La vacuité est un luxe, à la portée de tous, encore faut-il savoir en profiter ! Je m'y exerce assidûment ...

















































