Découvrir en lisant son journal qu'il existe, pas loin de chez soi, une petite réserve naturelle et décider, après la sieste, d'y faire une ballade pour bouger un peu, tout en sachant que ce n'est pas l'heure idéale ... Après quelques kilomètres en voiture, nous nous trouvons plongés au coeur de la réserve, le long d'une rivière rapide que l'on entend derrière le rideau de saules et de trembles que le vent ébouriffe ...

Lors de la construction du barrage en amont, la rivière a été endiguée et le biotope a disparu. Une gravière a été exploitée pendant plusieurs années et lors de sa désaffection, la nature a lentement repris possession de ce qu'on lui avait enlevé. L'association Pro Natura s'est portée acquéreur de la gravière et le biotope est désormais sous protection. De petites mares sont créées pour permettre aux batraciens de se reproduire, la roselière est entretenue pour qu'elle n'envahisse pas les étangs, et l'on a introduit un petit troupeau de vaches des Highlands pour lutter contre l'embuissonnement.
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| Beatnik des prairies, grandes cornes, oeil si doux |
Une fois les données techniques assimilées, nous partons à la découverte, en suivant des sentiers paillés à travers les mares et les roseaux. Et c'est une découverte de tous les instants. Malgré l'heure peu propice, nous rencontrons le petit monde du marais : libellules, grenouilles, escargots, araignées et ... moustiques. Il fait un peu lourd, les rafales de vent se sont calmées, les roseaux crissent doucement, un canard cancane au loin ... Coupés du bruit du monde des hommes, nous avançons dans un domaine de terre grasse, d'herbes vertes, de buissons enchevêtrés. Nous baissons la voix pour attirer l'attention sur une fleur, une plante, un insecte. Les grenouilles ne s'enfuient que pour punir notre oeil qui n'a pas su les voir avant que le plouf ne nous surprenne ...
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| Grenouille verte (Rana esculenta) |
Les libellules nous précèdent sur le chemin, éclairs rouges, bleu lavande ou vert jaune. Au-dessus de l'eau, perchées sur les roseaux, elles guettent leur proie.
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| Sympétrum sanguin et "son" araignée |
Au détour du chemin, un taillis de ronces abrite une rainette, lisse comme un galet, bien camouflée dans les feuilles. Longtemps, elle se laisse admirer, nullement gênée par nos exclamations chuchotées d'émerveillement devant sa perfection.
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| Rainette verte (Hyla arborea) |
Enfin, un chemin gravit une petite colline et nous mène à un observatoire qui surplombe la réserve. Un faucon crécerelle survole rapidement la roselière, j'ai juste le temps de l'admirer. C'est la première fois que je vois cet oiseau "du dessus" ... Très court, mais le gris ardoise des rayures de sa queue reste gravé dans ma mémoire.
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| Depuis l'observatoire, vue sur une mare |
Adossés à l'abri, nous écoutons les bruits de la roselière, le canard appelle toujours là-bas, le pépiement d'un oiseau attire notre attention et là, en contrebas, dans le sureau, une fauvette se régale...
Nous la laissons à ses agapes et lentement nous prenons le chemin du retour, nous promettant de revenir bientôt sur le chemin des marais ...