dimanche 27 avril 2014

Deux bouquets pour un dimanche 46

Le jardin regorge de fleurs, tulipes en tête... Les lilas sont fleuris depuis deux jours et c'est un émerveillement dont je ne peux me passer...


Dans un vase boule, les branches taillées court pour leur permettre de boire tout leur soul, les fleurs s'épanouissent naturellement, sans autre soutien que leurs propres fleurons si serrés. J'ai bien aimé choisir ce vase bleu dont les facettes captent la lumière, pour son accord avec le blanc ou le violine qui me paraît rompre le classicisme d'un tel bouquet!

J'aurais pu m'arrêter là, mais l'étal du supermarché offrait quelques bouquets de pivoines blanches. Je ne peux y résister : elles seules peuvent me faire patienter l'éclosion des belles pourpres du jardin dont je vois à peine la couleur sous la coque veinée des boutons...

Deux bouquets donc, l'un très parfumé, l'autre moins, pour ce dimanche!


Quelques grappes de glycine et quelques herbes bleues pour habiller les tiges un peu raides, dans un vase flûte au pied gravé dont le col est joliment échancré... Il n'y a plus qu'à attendre que les belles s'épanouissent en coupes crémeuses.



Bon dimanche à tous !

mardi 22 avril 2014

Singapour / 3

Je continue la découverte  en alternant les balades urbaines avec les visites de parcs botaniques... Toute la ville semble être vouée à la verdure, chaque espace libre de béton étant envahi par la même végétation qui fait le marché des horticulteurs chez nous! Voir des bougainvillées en haie au centre des autoroutes reste quand même étonnant...
Notre amie nous propose d'aller visiter le "wet market" au centre de Little India, l'endroit préféré pour acheter légumes et fruits frais... C'est un autre monde dans la même ville, un quartier très différent de Chinatown, comme un autre visage du continent asiatique.
Les mêmes petites maisons alignées le long des rues, avec les magasins qui se succèdent, mais peu de boutiques touristiques...


Le verso des rues de ce petit quartier ne manque pas de charme, le temps semble s'être arrêté, les couleurs des devantures étant toutes fraîches. Au recto, c'est un dédale très étroit, où il faut zigzaguer entre les poubelles et les climatiseurs...



Plus de monde dans les boutiques qu'à l'extérieur, et d'extraordinaires magasins ruisselant de bijoux en or, où la foule se presse, comme s'il s'agissait de petites épiceries de quartier!


Des magasins de matériel électronique, de pièces de voiture, des petits bistros, des magasins de tissus ou d'habits où l'on peut parfois rencontrer un prince blond...


Le temple était sous échafaudage, pour rénovation... mais dans de petites échoppes à même le trottoir les vendeurs fabriquaient les colliers de fleurs, offrande aux dieux... Merveilleux parfum du jasmin!


 Et au-dessus de la foule et des légumes, un petit autel...


Dans le marché proprement dit, c'est aussi la profusion des fruits et des  légumes et l'envie de goûter à tout! Les épices sont suspendues dans des sachets plastiques au-dessus de la tête des clients, mais à l'arrière, trônent les grands sacs odorants... Coriandre, cardamome, cumin, curry, biriyani... j'ai fait des achats pour agrémenter ma cuisine des jours gris!


Après quelques heures de déambulation, il a été très agréable de se rafraîchir d'un jus de coco servi tiède dans son fruit, sous les arcades, sur le trottoir, au milieu de la vie intense de la rue...


jeudi 17 avril 2014

Singapour / 2

Vous l'aurez remarqué dans mon premier billet, à Singapour, on saute dans sa voiture pour passer d'un quartier à un autre... dans sa voiture, ou dans un taxi. Si les premières sont hors de prix à cause des différentes taxes, les courses de taxis sont à des prix relativement modestes...
Avec un séjour d'une semaine à peine, c'est le sentiment d'une ville puzzle qui domine... Des quartiers s'articulent autour de centres commerciaux plus ou moins importants, comportant au moins un  "Food Courts" et quelques salons de beauté (massage, pieds ou ongles...).
 Les Food Courts, ce sont des endroits couverts (climat oblige) où sont installées sièges et tables en général en ciment, entourés de différents petits restos où l'on peut acheter sa nourriture et la déguster à l'abri d'une pluie inopinée. Cette façon de se nourrir à un tel impact sur la population que le gouvernement fait campagne pour "les repas en famille". Un riz grillé se vend à 3$ Singapourien (1,80 €) - difficile de faire mieux en cuisine familiale!

Petit restaurant de quartier de Seragoon Garden 
Grâce au  taxi (outre le métro et les bus que nous avons ignorés parce qu'en une semaine, même si l'on ne tient pas à tout voir, le temps est compté!), nous avons pu faire des sauts de puce, comme si nous nous plongions à chaque fois dans une culture différente de l'Asie.
Chinatown, le quartier fort réputé de Singapour - où nous avons sillonné les rues remplies de boutiques vendant des gadgets touristiques tous plus rouges les uns que les autres... On peut tout y acheter, du plus usuel au plus superflu, du plus légal au plus illégal....

Une rue de Chinatown
On dit que les seconds étages au-dessus des boutiques étaient autrefois des fumeries d'opium... Plus loin,
le bâtiment de Jinrikisha Station (gare des rickshaw) est en parfait état et semble vouloir résister à l'avancée des buildings qui bordent  le quartier chinois.


 Jirinkisha Station

Au milieu du quartier commercial pourtant deux temples se suivent, un temple hindouiste et un temple bouddhiste qui posséderait la relique d'une dent de Boudha...

Buddha Tooth Relic Temple
Beaucoup de touristes certes, mais après avoir franchi les portes et pénétré dans le sanctuaire, une foule recueillie, très impressionnante de silence et de piété... De grandes statues de Boudha, et des parois couvertes de petits autels au nom d'innombrables dieux, qui vous sont attribués selon votre année de naissance
.

Je ne retiendrai pourtant que le beau jardin sur le toit, entourant le moulin à prières, que les fidèles, touristes ou non, accompagnaient en tenant la main courante qui faisait tourner l'immense rouleau rouge et or.


En plein coeur de la ville, à hauteur des premiers cinq étages des buildings environnants, le jardin propice à la méditation...

4e étage, zen

dimanche 13 avril 2014

Un bouquet pour un dimanche 45

Un bouquet avec la dernière jacinthe du jardin. Ses consoeurs, botanisées toute en légèreté et qui ont ma préférence, sont déjà défleuries, mais elle, dont c'est la première année chez moi, est venue plus tardivement, avec toute son opulence arrogante!
Les corètes du Japon ont eu le bon goût d'éclore cette semaine, juste à temps pour cette association... Je ne les cultive que pour leur légèreté et leur lumière dans les bouquets, mais depuis que je les ai au jardin, j'ai aussi appris à apprécier leur feuillage, très délicat.


Dans un vase de verre simple dont la transparence me permet d'emprisonner les herbes et les fleurs, j'ai déposé quelques galets de lave et un pique-fleur. Quelques herbes sèches, quelques graminées, des Lysimaques vert-jaune, parsemés de fleurons de corètes meublent le fond du verre...

Je pardonne à la jacinthe son air fanfaron et ronflant juste pour son parfum incroyable. Impossible de jardiner, le nez près du sol, sans qu'elle m'ensorcelle de son musc cireux et capiteux.


Je tiendrai ce bouquet sur une table à mi-hauteur, que l'on puisse se pencher pour en humer le parfum emprisonné comme l'on respire le flacon d'un liquide précieux.

Bon dimanche à tous !


jeudi 10 avril 2014

Singapour / 1

Comment "voir" une ville de 5 millions d'habitants quand on vit dans une petite banlieue de moins de dix mille âmes? Ma seule référence était New-York, passionnante, mais qui ne m'avait pas touchée au coeur...

Heureusement, l'invitation a été lancée par des amis installés depuis deux ans dans cette mégapole... de quoi nous simplifier la tâche et de nous donner quelques clefs pour mieux comprendre. Une semaine, c'est très court pour appréhender un monde complètement inconnu. Je n'avais jamais rien vu de l'Asie et en plus je baragouine l'anglais assez mal - ne l'ayant appris que sur le tas!

Dès la route de l'aéroport, la végétation s'imposait, dans la moiteur lourde d'après l'orage. Je ne pouvais imaginer que les grands arbres seraient le leitmotiv de cette ville que les plantes semblent enserrer... Partout, des quartiers d'habitation populaires aux quartiers d'anciennes maisons plus huppés, des quartiers d'affaires aux quartiers industriels, des arbres, des fleurs...

 A Orchard Road - "Les Champs Elysées" de Singapour
Le samedi, premier jour de notre arrivée, comme de vrais urbains, nous sommes partis "au parc" pour profiter de cette nature généreuse et omniprésente... Quelques minutes de voiture et nous voici dans un autre monde, auprès d'un des réservoirs d'eau douce de la ville. Beaucoup de gens se promènent, courent, méditent ou pêchent dans les parcs autour des lacs. Un lieu de détente en pleine ville, avec une impression de forêt vierge...

Au bord du Mc Richie Reservoir, Singapour
D'innombrables circuits permettent de se perdre presque dans ces parcs, des passerelles longent l'eau. Oiseaux, papillons, libellules, varans, et même quelques singes accompagnent la promenade. Sommes-nous vraiment dans une mégapole?

Rivage du Pierce Reservoir, Singapour
Quelques kilomètres de voiture et nous voici au centre de la ville, pour nous adonner à l'une des occupations favorites des Singapouriens - à ce que l'on dit -, c'est à dire le shopping. Pas vraiment ma tasse de thé... Mais l'architecture, et les grandes avenues très animées, m'ont vite conquise! Parois de verre planes ou bombées, perspectives, reflets des lumières d'un ciel gris... Tant pis pour les achats!

Orchard Road, Singapour
Une nouvelle traversée en voiture et nous voici dans un autre monde pour le repas : Chinatown. Je vous en parlerai une autre fois...
Après cette journée bien remplie, le retour à la maison de nos amis en fin d'après-midi pour une petite pause fut bienvenu. Entre temps, le frangipanier qui ombre le jardin avait laissé choir quelques belles cireuses au parfum de tubéreuse...


Mais le samedi soir, la ville nous attend! Nous voilà reparti à Marina Bay, pour une virée nocturne en bord de mer.... Nous n'étions pas les seuls à nous promener et admirer les lumières.


Une ambiance bon enfant, des gens courtois, une impression de sécurité... tout nous portait à la flânerie et aux longues discussions.

Ce n'est que très tard que c'est terminée notre première journée singapourienne, et pour la petite histoire, je ne résiste pas à éditer cette photo du symbole de la ville : Le Merlion qui aurait dû cracher son jet d'eau dans la baie, mais qui semblait faire grève ce soir-là!



dimanche 6 avril 2014

Un bouquet pour un dimanche 44

En voyant le Prunus ouvrir ses fleurs roses, j'ai pensé au Japon et à la passion suscitée par ces arbres... Encore un rêve de voyage, voir les arbres en fleurs, et participer à la dévotion populaire lors de la fête du printemps ou Hanami. La floraison y dure une dizaine de jours, fin mars...


Ce ne sera pas pour cette année, mais avec cette branche qui touchait la maison et qui avait échappé à la taille printanière, l'occasion était trop belle de retrouver ce vase de porcelaine blanche - marqué justement "Japan" - finement côtelés et souligné de liserés noirs...  Poli comme un galet, faussement fragile, parfait à mon goût pour toute sorte de bouquets, mais encore plus pour soutenir quelques branches posées sur son col plat et resserré.

Bon dimanche à tous !

dimanche 30 mars 2014

Un bouquet pour un dimanche 43

Après l'opulente flore tropicale tant admirée, j'ai retrouvé mon jardin, composé de simples fleurettes printanières avec beaucoup de plaisir. Malgré la neige tombée pendant mon absence, les plantes ont continué leur chemin sans se laisser distraire et c'est le coeur en fête que j'ai cueilli les fleurs jaunes du printemps.


Un corbillon de verre épais dont c'est le premier bouquet puisque j'attendais la floraison des jonquilles pour associer sa couleur orange ambrée au jaune puissant. Joliment gravé, échancré pour soutenir la tête des fleurs, ni trop bas, ni trop haut, mais très lourd, ce vase a tout pour me plaire...


 Forsythias, deux sortes de jonquilles, quelques primevères officinales et trois brins de corbeille d'argent, quelques feuilles, la coupe est pleine, le printemps est sur la table.


Bon dimanche à tous !

vendredi 14 mars 2014

Régional et réjouissant

J'aime lire la presse régionale, et c'est la première chose que je lis dans mon quotidien du matin. C'est dans ces pages que bat le pouls de la région, au gré des chiens écrasés, des interviews des personnalités locales...

Hier, une nouvelle réjouissante qui a immédiatement attiré mon attention: le Musée du Papier Peint de Mézières, dont je vous ai parlé ici, en est la vedette heureuse!


LA LIBERTE, du 13 mars 2014

Evelyne Tissot est heureuse que ce papier peint d’exception ait refait surface. Il sera bientôt remis à sa place. © E. H. Musée du Papier peint

J'ai bien aimé cette histoire qui permet de penser que parfois les gens ont un sursaut d'intelligence! Pour le plaisir, un médaillon encore de ce merveilleux musée que je ne me lasse pas de visiter!

Carte postale éditée par le Musée

Musée du Papier Peint, Mézières, Suisse

dimanche 9 mars 2014

Un bouquet pour un dimanche 42

Hier, jour de grand soleil, j'ai vu passer deux papillons dans le jardin... Un citron et une grande tortue : drôle de couple, je vous l'accorde! Ils étaient fort excités, et ... papillonnaient sans arrêt, faisant mine de butiner, sans jamais se poser vraiment : allez les photographier!
Passant des crocus aux perce-neige, ils étaient irrésistiblement attirés par le blanc! Mais... les perce-neige ? Intriguée je me suis agenouillée pour mettre le nez dans ces fleurettes et oui! elles ont un parfum! Pas des plus doux, ni des plus suaves, mais un parfum miellé à l'instar de fleurs plus réputées.
La brise s'étant levée, j'ai admiré le balancement de leurs corolles si joliment marquées de vert... et je n'ai pas résisté à la cueillette.


Dans un petit vase octogonale brocanté il y a de longues années et que je garde généralement pour les fleurs coupées par erreur, pour celles qui n'ont pas de place dans un grand bouquet, ou pour celles qui résistent encore alors que leurs consoeurs se sont épuisées, soutenues par quelques feuillages d'un fusain rampant joliment ourlés qui ne les concurrencent pas, les perce-neige ont trouvé la grâce qui me les fait admirer au jardin!


Bon dimanche à tous !

mercredi 5 mars 2014

Une journée idéale

La grisaille qui colle aux basques, et au moral... Une envie de chaleur, de dépaysement, un besoin de casser la routine si déprimante du quotidien : la plongée dans les fichiers photos est là pour ça - en attendant mieux!

Une journée de vacances idéale pourrait se dérouler comme un jour fantasmé sur une île grecque...

Dés l'ouverture des volets, tôt, aux premiers rayons du soleil, plisser les yeux pour mieux voir les feuilles des oliviers qui brillent, respirer doucement appuyée contre la barrière, regarder le jardin et s'amuser des jeux  du chaton de la maison...


Après un petit café et la lecture tranquille du courrier, partir sur les petites routes jusqu'au monastère célèbre, histoire d'arriver avant les cars de pèlerins-touristes, profiter du calme des lieux , admirant le jardin et les plantes toujours bien soignées par les moines...


Puis après moult détours (les îles sont petites, mais les chemins sont nombreux et pas signalés), débarquer à la capitale, marcher dans ses ruelles qui débouchent soit dans les champs jaunis par l'été, soit directement sur la place animée, où tout le village se donne rendez-vous pour se désaltérer...


Reprendre la route des vieux villages abandonnés, pour visiter une petite chapelle recommandée par notre hôte qui tient à nous faire découvrir toutes les beautés de son île. Après quelques minutes de marche sur un sentier caillouteux, dans la chaleur d'avant midi, la voilà juste en contrebas. Belle et simple, elle ne s'ouvre plus qu'à de rares occasions, dans ce lieu isolé.


On y voit pourtant l'écriteau brun posé par le Ministère de la Culture qui a répertorié tous les sites archéologiques et toutes les richesses historiques du pays, même si ceux-ci sont loin d'être aussi bien entretenus que les chapelles... La chapelle est fermée, et pas de clef dans les cachettes habituelles (bord de fenêtre élevée, portique de la porte, trou entre deux pierres...) Tant pis pour l'ombre! S'asseoir quand même pour savourer le  plaisir de se retrouver dans la montagne grecque, dans l'odeur des plantes écrasées sous nos pas.
Poussés par la soif et la faim, revenir dans les villages où il n'est pas difficile de trouver de quoi se reposer. Les enseignes sont explicites, même si les connaissances de la langue sont succinctes!


Sous le platane, en effet, l'ombre est accueillante et la nourriture abondante! Le temps n'y compte pas,  et devant un dessert offert par la patronne, c'est la sieste qui s'écoule dans les discussions animées et le bourdonnement des guêpes qui ont elles aussi élu domicile à l'abri des grands arbres.


Une visite encore d'un autre village abandonné, admirer les portiques, les pierres, les figuiers qui poussent sur les ruines, essayer de comprendre la vie des îliens partis sur le continent, laissant derrière eux ces vestiges.


Puis revenir vers la mer, et ses paysages familiers...

Retrouver la terrasse dans les oliviers, laisser le soir envahir lentement le jardin, une journée terminée après un dernier éclat de bleu...


Le rêve, la journée idéale, vue depuis ma prison hivernale...

Les photos ont été prises à Cythère, en 2013, mais cette journée aurait pu se dérouler sur n'importe laquelle des îles grecques que je connais...