vendredi 5 juin 2015

Temps d'été, encore...

Les grands vents sont oubliés, l'été est là, comme s'il n'avait cessé depuis trois semaines...

Aujourd'hui, le bonheur fut de prendre le café sur la terrasse, tôt, dans la lumière et la tiédeur du matin, lire le journal en étant distraite par le chant des oiseaux, voire le bourdonnement de quelque insecte...


Le goût amer du café, réconfortant, et le parfum des oeillets, vanillé comme une gourmandise!

Faire le tour du jardin, admirer les rais de soleil, allumant les fleurs les unes après les autres, et prévoir un petit bouquet qui mettra en valeur le blanc de l'oeillet...


Depuis, les rideaux sont tirés devant la fenêtre ouverte, la maison est fraîche.
Lentement, la journée s'écoule dans une atmosphère bienheureuse de vacances et d'été éternel...

mardi 12 mai 2015

Temps d'été

Le ciel bleu dès le matin, les lilas à la fenêtre de la douche, le pépiement des oisillons à peine éclos -le bonheur.


Le tour du jardin dans la rosée, l'éclosion des boutons aperçus la veille, la lecture du journal au soleil - le bonheur.
Puis le café entre voisines, les papotages sur les votations du dimanche, la fête des mères, les familles,  les projets, dans le rire et la légèreté - le bonheur.
Le repas en tête à tête sous le parasol, le partage des instants vécus séparément, le bourdonnement des insectes, le chat qui s'installe sur le coussin près de vous  - le bonheur.
Puis le travail au jardin, sans cesse renouvelé, jusqu'au ralentissement des gestes alourdis par la fatigue - le bonheur.
Revenir dans la maison, s'asseoir dans la fraîcheur, un verre d'eau glacée, le corps en sueur tout à coup dans le courant d'air - le bonheur encore!






dimanche 26 avril 2015

Un bouquet pour un dimanche / 55

Le printemps bat son plein au Jardin de Gine dont vous trouvez la chronique ICI. J'ai repris mon habitude matinale de cueillir un bouquet et le dimanche, celui-ci vous est destiné.
Voici le cinquante cinquième...


Spirée, Chataire, Cerfeuil bronze et Lysimaque nummulaire font un écrin pour quelques Giroflées pourpres et des mini-tulipes, un bouquet serré et court posé dans un verre fumé torsadé à la généreuse encolure pour mieux les soutenir.


Ces mini tulipes sont mes préférées pour les bouquets de printemps. Ce sont celles qui ne veulent pas grandir, qui ont tant donné les années précédentes, qu'elles choisissent de faire "au petit pied" une année ou deux, avant de disparaître ou de renaître au format habituel! Mais leur parfum est celui des grandes et tient tête à celui de la Giroflée!

Bon dimanche à tous !

vendredi 3 avril 2015

Floraison

"Les abricotiers sont en fleurs"... La nouvelle court dans les journaux, sur le net, parmi tous ceux qui ont quitté le Valais! C'est comme une ritournelle annuelle qui fait que même si je n'en ai plus la nostalgie, je sais toujours précisément quand la floraison débute!


Cette année, nous avons fait le déplacement, malgré le vent, la pluie et le ciel gris! Nous avons traversé la plaine de part et d'autre, en remontant le long du Rhône, puis en redescendant par le vignoble... nous extasiant à chaque nappe claire aperçue!


Nous avons choisi pour nous arrêter un verger plus âgé, avec une culture basse-tige, taille en gobelet à l'ancienne, bien plus décorative à mon goût que les tailles en palmettes si pratiques pour la cueillette!
Le miracle de cette floraison immaculée, aux sépales roses, sur le bois noir et écailleux, nous a à nouveau émerveillés... et dire que j'avais oublié cette impression si forte!


Je m'attendais à un parfum suave, mais non,.. Aucune abeille non plus dans ce jour de grand vent!
Juste une aile, pas très loin...


Je le sais, l'année prochaine, je retournerai voir les abricotiers en fleurs!

mardi 31 mars 2015

La légende du "Pendu-dépendu"

J'ai à plusieurs reprises vu dans des églises ou des chapelles des tableaux de "pendu". Sans m'en rendre vraiment compte, je m'en détournais, assez rebutée par cette mort  horrifiante dont le grotesque ne m'échappait pas.
Puis, dans le cadre d'un reportage - ici - sur le chemin de St-Jacques de Compostelle qui traverse ma région, j'ai décidé de voir ce qu'il en était vraiment!

Coquille des pélerins déposée sur l'autel de la Chapelle St-Jacques, Tavel
La légende est fort ancienne et fort répandue et elle a plusieurs versions dont je vous livre les deux plus courantes.
Selon la première version, un pèlerin et son fils s'arrêtent dans une auberge. L'aubergiste cache dans leurs affaires une coupe d'argent et dès leur départ avertit du vol la maréchaussée! Le père et le fils furent arrêtés et le fils fut pendu.
Selon la seconde, c'est une serveuse de l'auberge qui fait des avances au fils du pèlerin qui la repousse. Pour se venger, elle glisse la vaisselle d'argent dans sa malle et l'accuse du vol, avec la même pendaison au final.

Fresque de la Chapelle St-Jacques, à Tavel
Jakob Stoll, 1769
Le père se rend seul à St-Jacques de Compostelle où il prie pour son fils et lors de son retour, il entend son fils toujours pendu au gibet lui parler et le consoler. Il dit être restauré par St-Jacques. Le père va donc voir le juge et celui-ci fait décrocher l'innocent et pendre le délateur (ou la délatrice) à sa place.
Une jolie variante espagnole qui se passe à Santo Domingo de la Calzada dit que le juge était en train de manger une poule et un coq rôtis et qu'il aurait ri en attendant la relation du miracle. "S'il est vivant, que cette poule caquette et que ce coq chante!". Les deux volatiles s'exécutèrent et le juge fit décrocher le pendu...


La poule et le coq se trouvent toujours à la Cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, derrière une grille pour éviter que les pèlerins ne leur arrachent la plume. C'est désormais le curé qui leur fournit le gri-gri à joindre à la coquille!


L'histoire court, et enflamme les imaginations, telle une rumeur, pendant tout le Moyen Age et nombre d'églises en France, en Suisse et en Autriche, rapportent le miracle.
Le but de cette légende aurait été d'inciter les pèlerins à se méfier des aubergistes peu scrupuleux!

En 2007, j'avais fait un tout petit bout de chemin sur la Via Jacobi, dont le chemin creux à l'époque médiévale devait être un fameux coupe-gorge!


Peut-être connaissez-vous cette histoire sous une autre variante, propre ou non à votre région? Ce serait intéressant de pouvoir les comparer!

(Sources: Wikipédia)

samedi 28 mars 2015

Une balade dans le printemps

Ce matin, j'ai renoué avec une vieille habitude: une balade dans la fraîcheur... Prise tout l'hiver par la lecture quotidienne des blogs, douillettement installée avec mes cafés derrière mon ordinateur, je me suis laissée vivre, le plus chaleureusement possible. Mais ce rythme commence sérieusement à me lasser...

Désireuse de voir si l'Anémone hépatique dont je vous parle ici et ici  était fleurie, j'ai repris le chemin de la forêt abîmée. Celle-ci se remet doucement du carnage, et les joggeurs rencontrés ne semblent même pas remarquer les cicatrices laissées par la coupe des grands arbres voilà deux ans.

D'ailleurs, le chemin est encore longé de sapins et de hêtres, comme s'il avait fallu le protéger tout en dégarnissant la forêt jusqu'à ses rives...


Les grives, les mésanges et les pinsons entrelaçaient leurs chants et leurs cris au-dessus de ma tête, le soleil baignait le sous-bois et l'air piquait encore un peu. La rumeur de la ville me parvenait, vibrante mais si éloignée.


Il était encore trop tôt pour que l'Anémone tant admirée relève la tête... elle semblait encore toute alanguie. Pourtant, sa belle couleur formait déjà des flaques azur dans le brun des feuilles mortes.


Je me suis arrêtée sous l'arbre aux chatons espérant surprendre un bourdonnement... mais les abeilles elles aussi dormaient encore!


A l'orée de la forêt, une petite troupe de chamois, familière des lieux, paissait dans les pâturages reverdis, en toute quiétude. Rien n'aurait pu leur faire relever la tête pour permettre à la photographe de faire une "vraie" photo!


Je suis restée à longtemps à les observer, adossée tranquillement à un arbre, espérant une action quelconque de leur part. Même les joggueurs suivant la courbe du chemin qui les rapprochait ne les ont pas fait broncher - bien trop occupés à se nourrir...
J'ai rebroussé chemin, et la lumière dans la forêt avait changé : l'Anémone s'était réveillée!



dimanche 1 février 2015

Doux miracle

Je suis sous la neige qui embellit les arbres, mais qui les casse aussi... Elle nous apporte son lot de désagréments - hier nous avons dû écourter la soirée amicale, déblayer et pousser les voitures récalcitrantes dans l'épaisseur cotonneuse et glaciale, conduire dans la nuit sur la route de montagne craignant de glisser - mais aussi un peu de magie... Les paysages sont beaux, les balades apportent de beaux moments...



Mais après deux semaines de ce régime, j'ai envie de passer à la couleur. Quoi de mieux que le Mimosa de la Chaîne du Bonheur? Je vous en ai déjà parlé ici !

Je ne peux pas résister à ce doux pompon jaune... même si je sais que dans l'appartement chauffé, il ne pourra garder sa  matière aérienne et se fanera rapidement.


Mais son parfum lui embaume ma journée blanche!

Ce n'est qu'une branche posée dans un vase haut et lourd qui ne basculera pas sous son poid, mais pour moi elle contient tout le bonheur de savoir que le printemps reviendra!


Un plaisir que je renouvelle chaque année!
Rien d'extraordinaire dirons les Méditerranéens que mes photos de neige font rêver : à chacun
son exotisme!

dimanche 25 janvier 2015

Un bouquet pour un dimanche 54

Une brassée de tulipes pour reprendre mes bouquets du dimanche... malgré le manque de lumière!
Une semaine grise, sans un frémissement dans la couche de brouillard, et au supermarché, une avalanche printanière de couleurs...
Je n'ai pas pu résister au méli-mélo joyeux et frais... et au parfum enivrant de la tulipe.


Je sais, ce n'est pas un "vrai" bouquet, juste quelques fleurs jetées dans un vase... mais c'est ainsi que je l'ai voulu, comme au sortir du jardin... Dans un pot rustique, vernissé vert à l'encolure généreuse, pour le côté naïf de la composition.

J'avais prévu quelques baguettes de cornouiller sanguin pour structurer l'ensemble, mais la neige de cette nuit, généreuse elle aussi, m'a dissuadée de sortir...


Donc, juste quelques fleurs simples, pour vous souhaiter un

Bon dimanche à tous!

mardi 13 janvier 2015

Continuer

Loin de l'horreur, cet après-midi là, je me baladais encore et toujours pas très loin de chez moi. Dans l'innocence et la beauté...


Il faisait froid, et malgré le soleil couchant, l'humidité montait de la terre, me transperçant jusqu'aux os. Mais le paysage savait me retenir...


Je regardais les variations de la lumière, marchant d'un bon pas sur le chemin pour me réchauffer. J'admirais les arbres dépouillés et leur silhouette si bien dessinée... Un grand silence, le passage parfois d'une voiture au loin, rien de plus.... aucun chant d'oiseau.



Finalement, le froid me fera revenir sur mes pas.
Ce n'est qu'au retour que je fus frappée par la nouvelle... la beauté rattrapée par la laideur et la haine.
Depuis, le grand élan de solidarité qui a suivi a été une consolation et il me permettra de continuer.

mardi 6 janvier 2015

Femme et artiste

Marcello, tel est le pseudonyme masculin choisi par Adèle d'Affry, duchesse de Castiglione Colonna, (1836-1879) pour pouvoir sculpter et peindre, malgré l'interdit social de l'époque qui voulait que seuls les hommes pouvaient être artistes. L'Ecole des Beaux Arts leur fut réservée jusqu'en 1896 et aucun atelier de sculpture ne prenait d'apprenti féminin jusqu'en 1870 environ...

Issue d'une grande famille, elle aurait pu mener la vie bourgeoise de toute fille bien née. Mais elle a su profiter de cette facilité pour devenir une artiste renommée , et mener une vie assez libre, puisqu'elle est devenue veuve quelques mois après son mariage, à l'âge de 20 ans.

Marcello, autoportrait

Lors de mon arrivée à Fribourg, j'avait été intriguée par la Rue Marcello, haut lieu de vie estudiantine, à deux pas de l'université et de la bibliothèque cantonale... Mais j'ai mis longtemps à découvrir que ce nom cachait une femme, artiste de surcroît.
Pourtant, l'estime que lui porte la ville semble croître encore. Le Musée d'Art et d'Histoire de Fribourg,  où j'avais déjà vu plusieurs de ses sculptures sans vraiment m'y intéresser car leur classicisme me rebutait, consacre une très belle exposition qui sait parfaitement mettre en valeur le travail de l'artiste.

C'est au Salon de 1863, où elle présente trois bustes dont celui de Bianca Castello qui lui valent une mention honorable, qu'elle est vraiment lancée, l'Impératrice Eugénie l'ayant remarquée. Le secret de son pseudonyme a été rapidement éventé! Elle devient une personnalité du Tout Paris et cela freinera son insertion dans le milieu artistique.

Marcello, Bianca Castello
Dès le début, Marcello sculpte des femmes héroïques ou mythiques: des femmes "originales, combattantes, ou redoutées". Ainsi,  Hécate, Ananké, la Gorgone...

Marcello, Gorgone
A l'instar de ses contemporains, elle est fascinée par l'Orient qu'elle ne connaît pas. Mais en Espagne et en Italie, elle recherche des modèles au type méditerranéen pour ses dessins et sculptures...

Marcello, Chef Abyssin (aquarelle)
Marcello, Chef Abyssin, 1869, Marbre 
"L'Orient, l'Orient, c'est là que je ferais de belles choses" dit-elle, tout à fait dans le courant de l'époque.

Marcello, La Mauresque souriante, 1869
Le buste de La Pythie termine cette triade orientalisante.

Marcello, La Pythie, 1870
Charles Garnier acquiert pour son opéra La Pythie en pied dont Marcello  écrit: "... Je ferai peut-être mieux dans l'avenir. (...) Mais je ne pense pas produire une oeuvre plus hardie et plus forte dans son impulsion. J'ai voulu représenter la patronne des artistes, de ceux bien entendu qui évoquent l'Esprit directement."

Marcello, La Pythie, en photographie à l'Opéra Garnier, hauteur 290 cm,
et la réplique en bronze commandée par Marcello elle-même.
Artiste complète, elle a fait de nombreux portraits, dont celui de  Berthe Morisod. Les deux artistes se portaient une amitié très vive dont est témoin leur correspondance.


Marcello elle-même,  si lumineuse, a été peinte par de nombreux amis artistes, dont Courbet.

Gustave Courbet, Portrait de Marcello
Crédit Musée d'Art et d'Histoire, Fribourg
Malgré son succès et ses attaches parisiennes et italiennes, Marcello resta profondément attachée à sa famille, et à sa mère. La sérénité du portrait ci-dessous  - et son titre - en est une preuve indéniable.

Marcello, Mater amabilis


D'une exposition que je pensais sans surprise, j'ai découvert une artiste attachante qui s'est vouée avec passion  à l'art dès sa jeunesse. Malade, elle avait peu à peu délaissé la sculpture pour se consacrer à la peinture, mais elle a été emportée à 43 ans, avant même qu'elle ne puisse  terminer son oeuvre. Vous trouvez sa courte biographie ICI.

Sources: Musée d'art et d'histoire de Fribourg

dimanche 4 janvier 2015

Des roses

Un bouquet offert, une coulée fleurie, comme une rivière de couleurs...
Voilà de quoi bien ouvrir l'année sur ce blog, et dans mon coeur!


Comme un bouquet du dimanche, puisque pour les sauver quelques jours encore, je les ai taillées court, défeuillées, trempées dans l'eau tiède et disposées dans cette coupe en verre de Murano qui contient avec élégance leur opulence.


Bon début d'année 2015 !