Le printemps dans le jardin


Après avoir cherché le printemps sous d'autres cieux - sans grand résultat, la semaine n'ayant pas été fameuse, avec beaucoup de vent et de pluie - je suis revenue dans mon jardin à la faveur d'un après-midi qui avait commencé avec un soleil pâle et voilé pour finir comme un après-midi de juin, très chaud. Jardinage donc, T-shirt  et transpiration,  dos cassé ...

Mais quel plaisir de se pencher sur la terre encore dénudée pour surveiller les semis spontanés,  les premiers bourgeons des lys, dans le parfum des jacinthes à peine écloses et déjà enivrantes. Enlever quelques indésirables, gratter délicatement de la pointe du sarcloir entre les feuilles des tulipes, dégager les jonquilles qui sont encore basses (trop froid, trop sec), soulever un tas de feuilles protectrices pour découvrir les fleurs de l'Euphorbe myrsinite.

A la faveur d'un talus plus ensoleillé, les  tulipes botaniques, naïves et sans prétention, se sont ouvertes aujourd'hui. Encore quelques crocus, quelques scillas, mais les Iris nains sont fanés : il faut enlever leurs fleurs : c'est le signe que la saison a commencé, vraiment !

A l'entrée du jardin, la viorne qui fleurit depuis novembre, qui a gelé plusieurs fois, mais qui repart à chaque "redoux", est maintenant à son apogée. Elle embaume, les abeilles, les bourdons et les passants s'en délectent. La pluie annoncée pour demain sonnera le glas de cinq mois de floraison et de senteur.
Si la fleur sent si bon, le bois très dur de ce buisson empeste. Je n'aime pas la tailler, si ce n'est pour forcer les fleurs et agrémenter mes arrangements floraux en hiver - ce qui explique son côté fouilli !
Ce sont les Jardins botaniques royaux, à Edimbourg qui ont obtenu cette hybridation dans les années 1930. Elle a été plantée en Pays de Galles, dans les jardins de Bodnant dont elle a pris le nom.
Viburnum x bodnantense
 

 Bien plus timide, l'Anémone hépatique, dans son mauve délicat, illumine quelques coins sous les buissons que je ne travaille pas. Elle s'y ressème spontanément et bientôt, nous irons l'admirer dans la forêt toute proche où elle forme de véritables tapis.

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Hepatica triloba




Premier jour de printemps qui m'a permis de me retrouver dans mon élément et d'admirer - tout en préparant les prochaines floraisons (plantations du rosier Malicorne, de Delbard, de Lys orientaux, d'Iris, d'Epiaire laineux et même d'oignons dont j'adore la fleur blanc verdâtre, mais dont je déteste le goût !).

Commentaires

  1. Quel beau retour dans tes pénates. Les hépatiques, ça me rappelle Pâques à Saxon.

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  2. Oui, pour moi aussi, cette fleur est liée aux Pâques familiales ... Je l'aime particulièrement, parce qu'elle se faufile dans les coins ingrats et elle éclate en quelques jours, avant les primevères.

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  3. Joli début de saison Gine, en espèrant que ton dos va un peu mieux.
    Je n'ai pas d'anémones hépatiques au jardin et je la trouve tendrement pastelle cette petite plante.
    C'est si bon le printemps, n'est-ce pas ? Ca fait des douceurs à l'âme tout en torturant le corps mais on se sent si bien après 'le jardin', comme lavés de l'intérieur.

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  4. J'aime bien ton expression, Sand : "lavés de l'intérieur". C'est exactement ça ! C'est l'endroit où l'on oublie tout pour ne se consacrer qu'à son petit domaine ...

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  5. Tes réflexions sont tellement justes, avec... le mal de dos en prime!

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