Un après-midi printanier, de la douceur, du soleil, le cri de la mésange... J'ai arrêté la voiture au hameau de Maison rouge... Le paysage était nimbé de brume.
Je m'avançai sur le chemin de campagne, toute occupée à détailler les ombres devant moi, profitant de la tiédeur ambiante. Tout à coup, j'ai eu l'impression d'être observée. Vous savez? Ce petit fourmillement désagréable dans la nuque que l'on ne réalise que lorsqu'il cesse parce qu'on a repéré l'intrus. Je me retournais, et...
le chat, confortablement installé, entre sommeil et veille, qui ferma les yeux dès qu'il sut que je l'avais vu, feignant l'indifférence que sa race sait si bien mimer.
Désireuse de faire plus ample connaissance, je lui murmurais des mots doux. Il résista longtemps, puis après un bâillement, il s'assit, réajustant l'alignement de ses petits chaussons.
Il n'était pourtant pas spécialement ravi d'être tiré de sa sieste, mais il m'était facile d'être patiente par ce bel ensoleillement. Puis finalement, il craqua, trop félin pour ne pas être curieux!
Un étirement...
et l'adorable pantoufle assurant le saut.
Et l'opération de charme pouvait débuter...
Demande de câlins, petits ronronnements discrets... J'admirais toujours la ligne impeccable des chaussons!
Mais de l'arbre ou du banc, il surveillait pourtant son domaine, repérant le cavalier, la buse ou le chien qui osaient en franchir la frontière.
Nous étions tous les deux en bonne compagnie, il m'avait accordé sa confiance, je n'avais plus besoin ni de le toucher, ni de lui parler, nous étions côte à côte, et je pense qu'il était aussi content que moi de cette belle rencontre.
Les roseaux au loin reflétaient encore la lumière, dans l'ombre de la forêt.
Un promeneur et son chien se profilèrent, le chat prudemment rejoignit son perchoir et reprit son air sévère me laissant admirer son profil de divinité, comme une Bastet moderne un peu plus enrobée...
Quand je lui dis salut, il avait repris son air distant et profondément ennuyé...beau comme une star!
C'est l'anecdote du jour que je dédie à
Dame Kali, à Charlie, à leurs deux Humains, et à tous les membres du Club félin qui viennent de franchir le nombre de 500, ainsi qu'à tous leurs Verticaux, amoureux de la gente féline!