mercredi 19 octobre 2011

Pointe du Hourdel

C'est une baie où poussent des herbes étranges dans des prairies inondées,

où les mouettes se perdent dans la peau ocellée de rivages incertains

et où des vagues de terre séparent les eaux calmes.

Impassible sur sa langue de terre ferme, le phare du Hourdel,

 se dresse entre terre et mer, défiant les cavalcades de nuages qui menacent son royaume.

Ayant enfin atteint la Baie de Somme que je me promettais de visiter depuis de nombreuses années, je me suis perdue avec fascination dans les nuances infinies de ses gris. Monde étranger, si peu familier, si exaltant !

mardi 18 octobre 2011

Bouquets pour un retour

Le jaune n'est pas "ma" couleur ... Je n'en porte jamais, et pendant des années, il était banni du jardin. Puis, par touches légères, à cause de la lumière qu'elles apportent dans la maison, j'ai craqué pour les fleurs jaunes ! Pas les jaune citron,  non,  mais les orange, celles qui flirtent avec la lumière sans rien perdre de leur rondeur !


J'ai alors acheté des vases oranges, puis de brocante en brocante : verre taillé, verre moulé, pâte de verre, céramique orange 1980, bouteille déco, de plus en plus jaunes ! A mon retour d'escapade, ce matin, le jardin est encore lumineux, mais le gel menace et demain - ou après-demain - les fleurs seront mortes, alors, j'ai sorti cinq vases ...


Quel plaisir de faire une bouquet ... c'est un ouvrage éphémère, mais que je compose, fleur à fleur, feuille à feuille. Ce matin, au soleil, dans l'odeur forte des tiges des soucis et des capucines ...


La maison est  prête pour la pluie et le froid que l'on nous prédit demain !



mardi 4 octobre 2011

Soir, côte Ouest

Après la chaleur de la journée, la chape qui écrasait l'île se desserre, et c'est le pied léger que je pars "voir la mer" sur la côte ouest, pour ne rien perdre des changements de lumière.

C'est une autre dimension qui m'attend. De me dire, "droit devant : New York", fait surgir des odeurs et des rues incongrues sur cette rive.


La dune, le pin, tout atteste ici d'une nature dominante et tourmentée, rien de commun avec la sérénité éprouvée le matin.


La mer à marée basse clapote loin derrière les roches qui ont gardé prisonnières des flaques, comme de petits aquariums que je scrute, à la recherche d'une crevette transparente, d'un bigorneau ou de je ne sais quel être vivant. Certaines sont comme des prairies sous-marines et semblent ne jamais sécher.


Les trésors ramenés sur cette côte sont parfois répugnants, si étranges, avec leurs pieds arrachés par je ne sais quel orage, tels des poulpes géants arrachés à leur milieu vital. Leur couleur et leur matière me fascinent pourtant.



 D'autres algues encore, plus fines, plus rouges, si bien découpées, me font rêver de parures naturelles.


Longtemps, j'ai marché dans le sable, dans les cailloux, ignorant les baigneurs, perdus dans ce paysage, petites silhouettes si vite oubliées. Même les oiseaux ne les voient pas, et leur vol frôle le rivage comme si l'homme n'existait pas.



Le vent se lève, la lumière faiblit, et lassée, je reprends le chemin de la dune,


mais je sais que je reviendrai dans l'air marin et iodé,  fascinée par les variations de couleurs et de lumières,  bientôt.


vendredi 30 septembre 2011

Matin, côte Est

Vivre au centre d'une île, c'est se sentir entre deux mondes ... La mer est parfois diverse d'une anse à l'autre, mais ici, sa différence se joue essentiellement d'est en ouest. La matin, l'orient m'attire ...

Le pin est immobile, en bordure du sentier de la dune, dans l'air calme et doux

Mais dès le cordon frissonnant des oyas franchi, c'est un autre monde qui m'attend ... comme une bourrasque de lumière, qui coupe le souffle, qui donne envie de courir vers l'eau, comme un chien fou, dans le sable encore frais.

Lentement la pupille s'habitue, le souffle retrouve son rythme, la surprise s'estompe, mais l'émerveillement reste.  Il n'y a plus qu'à découvrir à pas lents les trésors que la nuit a déposés sur la pente douce, galets et bois flottés, à peine sortis de l'écume,

ou alors chevelure de sirène ou de méduse, un peu repoussante, mais dont la matière souple et un peu gluante est familière, comme des lambeaux de plastic ...

Inlassablement, je contemple les jeux de l'eau, les pieds froids, et la tête au soleil. Odeur salée, un peu minérale, quelques cris d'oiseaux ... S'amuser du plongeon de la sterne que la présence des premiers marcheurs ne semble pas distraire de sa quête obstinée.

Le soleil chauffe, quelques silhouettes apparaissent à l'horizon, mes yeux abandonnent le bleu,  je retourne vers la terre, dans l'ombre des pins, comme lavée de l'intérieur, ayant tout oublié de ma vie et de moi, le temps d'une flânerie au bord de l'immensité.



lundi 12 septembre 2011

Voyager et dépaysement

Retrouver la lumière de l'ile jusque dans les reflets de l'estran ...


A bientôt ...

dimanche 4 septembre 2011

En bord de route

Une escapade, en évitant les autoroutes, juste pour admirer les arbres dans leur majesté estivale, laisser les monts et les collines défiler, traverser lentement les villages aux pierres blondes, blanches ou roses ... les oublier aussitôt pour se concentrer sur le vert : tout ce que j'aime !

Dès le premier arrêt à l'ombre d'une forêt, la magie
 

Le voyage commençait bien, nous avons longtemps suivi le manège de ce papillon dans un rayon de soleil ...
Mais chaque halte allait nous apporter son lot d'images, d'impressions fortes, de petites découvertes.

Les arbres nous ont accompagnés et bientôt, le premier châtaignier est apparu, image qui me ravit toujours par les promesses de climat plus sec et plus doux qu'il apporte.

Bien sûr, on ne peut pas aller en Beaujolais sans parler de la vigne ... les vendanges touchaient à leur fin, mais la feuille n'avait pas encore "tourné" : elle était encore presque  verte !

Au retour, c'est encore les arbres qui ont nous accompagnés ... Majestueusement, nous avons roulé lentement sous la futaie, une route "à l'ancienne", encore si bien conservée !

Encore un petit crochet par la Vallée de Joux avant de revenir dans des campagnes plus connues ... Le voyage tirait à sa fin, et la joie ne nous avait pas quittés !

Le ciel, lui, tenait à nous faire savoir qu'il avait besoin d'éclater ... mais nous n'en avions cure: même l'orage vécu au creux de la voiture était beau !




mardi 23 août 2011

Papier

Si pour vous, le papier, c'est ça :


source de plaisir d'abord, par la lecture, puis source d'ennuis ménagers et de mauvaise conscience écologique, regardez ce que d'autres imaginent !
La Triennale du Papier, présentée au Musée de Charmey, a réuni les oeuvres époustouflantes d'une soixantaine d'artistes ...

Que le papier soit travaillé à plat
Anna WASZCZUK, Pologne         Coralie LAVERDET, Precious Corals, 2e prix
ou au contraire, ciselé en suspension, travaillé comme une sculpture
Lydia HIRTE, Sans titre                           Daniele PAPULI, Euritmetrica
il permet toutes les fantaisies possibles. J'ai été enthousiasmée par les variations déclinées que ce soit à partir de la pâte même du papier, de sa fibre, ou de sa transformation en papier mâché, trituré, collé. 
Ces coupes de dentelle fine enfermées dans une cage en verre m'ont fascinée et j'ai découvert le papier de mûrier ...
Miki NAKAMURA, Fleurs
Papier de magazines, plus prosaïque pour cette sphère hérissée ...
Ellen RINGSTAD, Information Overload
Pour l'humour et le travail délicat, j'ai élu à mon palmarès personnel, ces briques de lait découpées ...
Mari KAMEI, Mother Water, 3e prix
Pas trop inspirée au départ, bien que consciente de l'évènement artistique, j'ai été convaincue par cette exposition. La Gruyère étant un haut lieu du papier découpé, cette triennale de Charmey entretien la tradition dans un modernisme de grande qualité.
Ne boudez pas la prochaine expo "papier" de votre région : de l'âme des arbres, on peut faire des merveilles!


dimanche 14 août 2011

Village de montagne

C'est à l'occasion d'une exposition de photos sur la montagne Alt +1000 que nous sommes "montés" à Rossinière, village tant de fois traversé  sans s'arrêter, pour aller "plus haut" ! L'exposition elle même  ne nous a pas séduits par ses oeuvres, à quelques exceptions près, mais bien par les lieux qu'elle nous a fait traverser !

D'abord, le restaurant de l'Hôtel de Ville, et la grue, symbole de La Gruyère, magnifique sur fond vert


Architecture typique, tavillons et cheminées, flamme verte dans l'après-midi orageux


Les chalets ont de magnifiques façades et beaucoup sont inscrits au patrimoine national, mais nous avons tenu à admirer le Grand Chalet du peintre Balthus dont les grilles sont fermées au public, mais qui reste un incontournable, tant par ses dimensions exceptionnelles que par sa beauté.


Il en est des plus modestes, mais tout aussi charmants, comme celui-ci, bien trop petit pour l'atelier d'un peintre, mais peut-être refuge d'une fée ou d'un lutin ...


Nous avons rencontré d'ailleurs un jardin magique, comme je n'en avais jamais vu ... Seule une fée pourrait y circuler : profusion et abondance, tapis des mille et une nuit ou simple jardin anglais ?


Puis l'église, bien sûr, qui domine le village et le jardin du curé, clocher que l'on voit de loin et qui en est la signature ...


L'expo photo ? Ah oui ! C'était ça le but ... On l'a presque oubliée, à force de découvrir tant de charmes aux lieux ... On y reviendra, quand le temps menacera moins !


mercredi 3 août 2011

Jachère

A l'automne déjà, mon attention avait été attirée par les silhouettes des cardères, pas encore couchées par la neige, et je m'étais faite la promesse de venir voir ce champ en jachère dès le printemps ! Le renouveau a passé et c'est en plein soleil, dans la fournaise d'un début d'après-midi d'août que je m'y suis enfin arrêtée.

L'air était saturé de bourdonnements et de l'odeur forte de l'origan qui formait de grands bouquets sauvages au milieu des graminées et des ombelles de la carotte sauvage. Beaucoup de plantes avaient déjà fané, mais d'autres fleurissaient pour la deuxième fois.

Plus beau qu'un jardin, ce n'était que foisonnement, les plantes se mêlant les unes aux autres, dans un grand charivari de couleurs.

Impossible d'entrer dans ce lieu sans casser les plantes et écraser les myriades de sauterelles, araignées ou autres insectes crissant qui fuyaient en tout sens sous la vibration de nos pas. Mais en bordure de cette prairie naturelle si merveilleusement désordonnée au milieu des cultures bien alignées alentour, un florilège s'offrait au visiteur.
Millepertuis (Hypericum perforatum)
Soleil luisant du millepertuis, coeur rouge de la carotte sauvage, si incongru, comme une goutte de sang,
Carotte sauvage (Daucus carota)

mélilot si apprécié par les nombreuses abeilles qui ne s'offusquaient pas de notre présence et continuaient frénétiquement à amasser
Abeille sur Mélilot (Melilotus albus)
nappe des millepertuis en graines, grillant sous le soleil,
Millepertuis en fruits

graminées se hissant en gerbes légères au-dessus de la mêlée.

Et finalement, la raison de cette balade, les cardères ! Je savais que l'on s'en servait pour adoucir les tissus de laine, pour carder justement, mais je ne connaissais pas cette nombreuse famille. Celle-ci est la Cardère sauvage, aux  piques dressées ne permettant pas le fameux cardage. Si sa silhouette est belle jusqu'à la fin de l'automne, sa fleur est une découverte en plein été si délicatement parée de rose mauve.
Cardère sauvage (Dipsacus sativus)